Incandescente, comme le titre d’une de ses chansons, Muriel ERDODY a fait le plein au Théâtre du Grand Rond du 5 au 7 février 2026 dans le cadre du Festival Détours de Chant 2026.

Muriel qui a débuté au Bijou (un des lieux de prédilection de Détours de Chants justement) à 16 ans, qui a tourné partout avec Boudu les Cops, une merveille d’humour musical (en compagnie de Véro DUBUISSON et Bernadette MOUILLERAC), qui excelle aussi bien au cajón qu’à la guitare, Muriel dont la voix peut être douce comme une caresse de velours et électrique comme une guitare…hendrixienne:

photo F.Aviet
« Pas la peine que tu t’excites «
Muriel Erdödy est chanteuse, autrice et compositrice-interprète. Ses origines sont occitano-hongroises. Sa voix vous surprendra par la chaleur, le souffle poétique qu’elle dégage.
Autodidacte, elle s’est nourrie de beaucoup d’influences entre l’Écosse où son père était sous-marinier (!) et la France, s’est baignée adolescente dans les concerts, les expositions etc. de l’Espace Bonnefoy de Toulouse, a été imprégnée par le milieu musical toulousain (Sandoval, Fly and the Tox, Serge Lopez etc.), et elle est très tôt montée sur scène pour donner libre cours à sa créativité.
Sur les routes depuis quelques décennies, à la découverte des musiques du monde, elle a navigué de la chanson burlesque au rock, en passant par le Blues, le Jazz, les musiques africaines, la chanson française d’expression comme disait Jean Ferrat…
Elle a séduit de nombreux musiciens qui l’ont accompagnée dans ses aventures musicales de Serge Lopez à Alexis Kowalczewski, son fidèle complice, en passant par Pascal Rollando, avec qui elle a pu et peut enfourcher ses grands chevaux musicaux.
Les grands chevaux
avec Alexis Kowalczewski
N’ayant pas la langue dans sa poche, elle ne s’est jamais laissé monter sur les pieds, en particulier dans un milieu artistique longtemps masculiniste (et ce n’est pas fini…) Et aujourd’hui, elle persiste et signe:
Dans le milieu artistique, il y a un vrai problème avec l’apparence et la jeunesse des femmes. La société n’aime pas vieillir. Mettre une femme mûre sur scène, c’est mettre un public face à son propre « naufrage ». Les labels discographiques préfèrent signer avec des hommes. Dans le domaine du spectacle vivant, il n’y a que 28 % de femmes. J’aimerais continuer de vivre de mon métier tant que mon corps me le permet. J’ai encore beaucoup de choses à dire. Mes textes sont de plus en plus engagés. Mon truc à moi, c’est de me servir des mots pour faire passer une émotion, un message avant d’être musicienne.
Muriel des rythmes c’est l’arc en ciel !
Et quand tu décolles Muriel
Dans nos cœurs c’est le toboggan
Comme des étoiles tombées du ciel:
Petit bonheur est devenu grand !
Ses rêveries poétiques et sonores, elle les décline avec malice et naturel. Personnage haut en couleur, Muriel Erdody interprète ses chansons en solo accompagnée de sa fidèle guitare ou en duo avec son compagnon de route Alexis Kowalczewski, « clarinettiste, percussionniste naturaliste sans frontière », sous le nom d’Erdowsky.
Et elle continue sa quête vers ses étoiles:
Muriel Erdody est en période d’écriture pour un nouvel enregistrement en solo et elle sera en résidence de création en duo avec Alexis Kowalczewski en avril à la MJC d’Ustou, Centre d’Animation Rural du Valier, en Ariège.
Nul doute que le joli printemps l’inspirera. Comme l’écrivait Lucie Delarue-Mardrus:
Au printemps, on est un peu fou,
Toutes les fenêtres sont claires,
Les prés sont pleins de primevères,
On voit des nouveautés partout…
Si vous la croisez sur la route, n’hésitez pas à aller l’écouter: vous ne le regretterez pas !

Muriel ERDODY s’est prêtée de bonne grâce à notre Questionnaire de toutes les couleurs.
Quelle est la couleur que vous préférez ? Le vert
La fleur que vous préférez ? Je les aime toutes, difficile d’y répondre. La violette peut être, parce qu’elle annonce le printemps.
L’oiseau que vous préférez ? Pas facile non plus. Le guêpier, pour le bleu de ses plumes peut-être, mais je suis fascinée par l’oiseau mouche également.
Votre auteur préféré ? Une amie, un jour, ma fait le cadeau d’un livre de Frédéric Lenoir « L’âme du monde », j’ai une tendresse toute particulière pour ce livre: une histoire de transmission spirituelle qui fait beaucoup de bien et respire l’espoir d’un monde meilleur.
Votre peintre préféré ? Marc Chagall…l’éternel amoureux.
Votre poète préféré ? J’ai été marqué par la découverte des textes de Vénus Khoury-Ghata, Poétesse Libanaise, son regard sur la violence mais aussi l’amour, son histoire traduite dans son œuvre. J’en remercie mon partenaire de vie pour m’y avoir initié. L’ombre se consume d’amour pour l’arbre absent,
Midi rétrécit tache de douleur sous son pied.
La terre et opaque de chagrins retenus.
Où prennent la source des larmes? »
Votre chanson française préférée ? Très difficile encore comme question. J’aime beaucoup toutes les chansons de l’album « Les Marquises » de Brel, mais je suis également touchée par l’énergie communicative des chansons de Claude Nougaro. Touchée également par une artiste actuelle qui a un courage incroyable et qui s’appelle Mathilde, pour son hymne aux femmes qui fut chantée lors des victoires de la musique 2024 je crois. Je ne regarde pas la télévision, mais je suis sur les réseaux de par mon métier bien évidemment. Je l’ai découverte par là.
Votre héros dans l’Histoire ? Je n’en ai pas. J’estime que l’héroïsme appartient à chacun de nous, à chaque fois que nos vies nous demandent du courage. J’admire beaucoup l’engagement qu’ont eu certains durant la guerre, dans le Maquis. La Résistance était un état d’héroïsme.
Votre héroïne dans l’Histoire ? Joséphine Baker sans doute.
Votre plat et votre boisson préférée ? J’attends encore d’être surprise. Je suis une gourmande. Je choisis très fréquemment le plat que je ne connais pas sur une carte. Par simple curiosité. Une tendresse particulière pour le poulet au citron de ma grand-mère.
Le personnage historique que vous préférez ? J’étais fascinée par Saint Louis quand j’étais enfant: on disait qu’il était un bon roi, mais on avait omis de nous parler des massacres faits par les croisés en ce temps-là. Je pencherai donc plus pour Henri IV, sans doute parce qu’il est assimilé à un pacificateur assumé qui a sorti la France des guerres de religions.
Le personnage historique que vous détestez par-dessus tout ? Hitler ainsi que tous les despotes de la terre.
La réforme que vous appréciez le plus ? Le droit de vote des femmes.
La qualité que vous préférez chez les femmes ? Et chez les hommes ? La Bienveillance. Cela est le début de tant de joies à venir.
Dans quel pays aimeriez-vous vivre, si vous ne viviez pas en France ? Sur la terre. Nous sommes des terriens avant tout et où que l’on aille on emporte avec nous ce que nous sommes.
Quel serait votre plus grand malheur ? Perdre mon enfant.
Quel est votre rêve le plus agréable ? Je volais dans le ciel pur et je nageais tout de suite après dans une eau cristalline au travers des algues douces.
Quelle est votre devise, si vous en avez une ? Rien ne presse.
Quelle est votre occupation préférée quand vous n’êtes pas sur scène ? Partir marcher dans la nature, avec mon appareil photo ou pas; m’assoir et contempler le paysage.
Quel est votre compositeur préféré ? Camille Saint-Saëns et Eric Satie.
Quels styles de musiques appréciez-vous ? J’aime toutes les musiques qui savent jouer du silence. Cela peut être une balade comme du classique ou de la pop, du rock, du blues. Tout n’est pour moi qu’une question de silence.
Quel est, d’après vous, le rôle de la Culture dans notre monde ? Un porteur d’équilibre, un miroir nécessaire, le pourquoi les gens se tuent au travail, le plaisir.
Que peut-elle apporter à nos concitoyens ? De la joie, des sourires, de la force, de la conviction, l’ouverture sur le monde et ses diverses cultures qui viendront étoffer les pensées philosophiques pour un avenir plus équilibré dans une société moderne forte de son savoir.
Pour terminer en beauté, une belle lettre à Élisa sa fille:
Merci à Muriel Erdody pour ses autoportraits et la photo de Francis Aviet prise au Bijou.
Pour en savoir plus :
> https://mapo-muriel.tiiny.site/
> https://soundcloud.com/mapo2026
Agenda (non exhaustif) :
17 mai concert privé CASTELNAU-MONTRATIER (46) DUO
24 mai Café Le Natio REVEL (31) TRIO
05 juin concert privé TOULOUSE (31) DUO
06 juin La Byrinthe ANDERNOS LES BAINS (33) DUO
16 aout Le puit de Jour LAUZERTE (82) TRIO
19 aout Café associatif la Mouline FLORIMONT-GAUMIERS (24) DUO
28 aout Le Quai 21 Montignac Lascaux (24) Duo
29 aout Les Amis De la Brouette ST AUBIN DE LANQUAIS (24) DUO
etc. etc.
Elle nous a cité l’un de ses poèmes préférés ?
J’aime bien Le rossignol aveugle de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
Pauvre exilé de l’air ! Sans ailes, sans lumière,
Oh ! Comme on t’a fait malheureux !
Quelle ombre impénétrable inonde ta paupière !
Quel deuil est étendu sur tes chants douloureux !
Innocent Bélisaire ! Une empreinte brûlante
Du jour sur ta prunelle a séché les couleurs,
Et ta mémoire y roule incessamment des pleurs,
Et tu ne sais pourquoi Dieu fit la nuit si lente !
Et Dieu nous verse encor la nuit égale au jour.
Non ! Ta nuit sans rayons n’est pas son triste ouvrage.
Il ouvrit tout un ciel à ton vol plein d’amour,
Et ton vol mutilé l’outrage !
Par lui ton cœur éteint s’illumine d’espoir.
Un éclair qu’il allume à ton horizon noir
Te fait rêver de l’aube, ou des étoiles blanches
Ou d’un reflet de l’eau qui glisse entre les branches
Des bois que tu ne peux plus voir !
Et tu chantes les bois, puisque tu vis encore.
Tu chantes : pour l’oiseau, respirer, c’est chanter.
Mais quoi ! Pour moduler l’ennui qui te dévore,
Sous le voile vivant qui te cache l’aurore,
Combien d’autres accents te faut-il inventer !
Un cœur d’oiseau sait-il tant de notes plaintives ?
Ah ! Quand la liberté soufflait dans tes chansons,
Qu’avec ravissement tes ailes incaptives
Dans l’azur sans barrière emportaient ses leçons !
Douce horloge du soir aux saules suspendue,
Ton timbre jetait l’heure aux pâtres dispersés ;
Mais le timbre égaré dans ta clarté perdue
Sonne toujours minuit sur tes chants oppressés.
Tes chants n’éveillent plus la pâle primevère
Qui meurt sans recevoir les baisers du soleil,
Ni le souci fermé sous le doigt du sommeil
Qui se rouvre baigné d’une rosée amère ;
Tu ne sais plus quel astre éclaire tes instants ;
Tu bois, sans les compter, tes heures de souffrance ;
Car la veille sans espérance
Ne sent pas la fuite du temps !
Tu ne vas plus verser ton hymne sur la rose,
Ni retremper ta voix dans le feu qui l’arrose.
Cette haleine d’encens, ce parfum tant aimé,
C’est l’amour qui fermente au fond d’un cœur fermé ;
Et ton cœur contre ta cage
Se jette avec désespoir ;
Et l’on rit du vain courage
Qui heurte ton esclavage
Sur un barreau sanglant que tu ne peux mouvoir.
Du fond de ton sépulcre un cri lent et sonore
Dénonce tes malheurs autre part entendus ;
Ton œil vide s’ouvre encore
Pour saluer une aurore
Que l’homme n’éteindra plus !
Ce jour que l’esclave envie
Du moins changera son sort,
Et je sais trop de la vie,
Pour médire de la mort !
Chante la liberté, prisonnier ! Dieu t’écoute.
Allons ! Nous voici deux à chanter devant lui.
J’ai su dire ma joie, et je sais aujourd’hui
Ce qu’un son douloureux te coûte !
Chante pour tes bourreaux qui daignent te nourrir,
Qui t’ont ravi des cieux la flamme épanouie :
Tes cris font des accords, ton deuil les désennuie ;
Si ta douleur s’enferme, ils te feront mourir !
Chante donc ta douleur profonde,
Ton désert au milieu du monde,
Ton veuvage, ton abandon ;
Dis, dis quelle amertume affreuse
Rend la liberté douloureuse
Pour qui n’en sait plus que le nom !
Dis qu’il fait froid dans ta pensée,
Comme quand une voix glacée
Souffla sur le feu de mon cœur
Pour éteindre aussi la lumière
D’une espérance, – la première,
Que je prenais pour le bonheur !
Laisse ton hymne désolé,
Comme l’eau dans une vallée,
S’épancher sur tes sombres jours,
Et que l’espoir filtre toujours
Au fond de ta joie écoulée !
in Mélanges
