Kazokoo, à table ! Pour son premier anniversaire, le lieu continue de tracer sa route hybride entre musiques électroniques et engagement social. Mais la scène électro toulousaine passe aussi par l’assiette. Végétale, conviviale et engagée, la cuisine devient un pilier du lieu.
Un anniversaire qui a du goût. Un an après son ouverture dans le quartier de Bordelongue, Kazokoo continue de se construire. Pensé comme un tiers-lieu culturel porté par l’association Kaonashi, il s’inscrit dans la continuité d’actions menées autour des musiques actuelles et des cultures électroniques.
Un lieu de vie aussi. Et c’est peut-être là que tout bascule. Car depuis un an, au fil des rencontres et des usages, une autre pratique s’est imposée, plus quotidienne, la cuisine. D’abord discrète, elle est aujourd’hui au cœur du projet. Une autre manière de faire lien, dans un lieu déjà pensé pour la transmission, la coopération et l’inclusion.

Cheffe Myriam Krief derrière les fourneaux © Mila Lartigue
Myriam, une cuisine de convictions
Derrière cette évolution, une personne, Myriam. Cheffe végétale depuis quatre ans, elle a choisi cette voie pour des raisons profondément écologiques. Sa cuisine est engagée, mais jamais figée. Elle travaille des produits de saison, locaux, issus de circuits courts et refuse les produits transformés. « Mon truc à moi, c’est de travailler sans produits transformés, de valoriser le vivant et de sourcer en local et en saisonnalité », explique-t-elle.
Sa pratique est artisanale, presque instinctive. « Je fais tout avec mes mains. Je n’utilise pas trop de machines. J’aime utiliser des techniques ancestrales adaptées à aujourd’hui ». Son univers flirte avec le gastronomique qu’elle change d’approche. Elle la décloisonne et la rend accessible. « On a envie de croire que le gastro peut s’épargner avec une élite ». Sa spécialité ? Une maîtrise affirmée de la boulangerie et de la pâtisserie, toujours dans cette logique de faire soi-même.
Kazofood et Kazobistro
Cette vision prend forme à travers plusieurs rendez-vous. Kazofood d’abord, un mercredi midi par mois, de 12h à 14h. Une pause autour d’un menu unique. Une cuisine végétale pensée comme une porte d’entrée. Accessible, conviviale, ancrée dans le quotidien. On y retrouve des formats proches de la street food, des tapas, des assiettes simples. Des prix contenus aussi, pour rester ouvert à toutes et tous.
Puis Kazobistro. Nouvelle proposition lancée à l’occasion de ce premier anniversaire. Un jeudi soir par mois, de 18h à 22h. La cheffe y propose une autre lecture de sa cuisine. Plus libre, inspirée du bistrot traditionnel. « Un vrai bistrot franchouillard à l’ancienne, mais tout autour du végétal ». La carte évolue. On passe à des plats à partager, à une cuisine plus spontanée, plus « funky » comme elle le décrit.
À cela s’ajoutent des ateliers de cuisine participatifs. À travers cette programmation culinaire, Kazokoo défend une alimentation durable, respectueuse de l’environnement. Une manière concrète de sensibiliser aux enjeux climatiques, en privilégiant des produits locaux, de saison, issus de circuits courts.

Kazofood propose une cuisine végétale © Mila Lartigue
Un écosystème autour de la culture
Mais la cuisine n’est qu’une porte d’entrée. Derrière les assiettes, Kazokoo reste fidèle à ce qui fait son identité. Un tiers-lieu dédié aux musiques électroniques, à la création et à l’inclusion. Ici, on apprend à mixer, à produire et à créer. Les ateliers DJing ouvrent à la pratique, du vinyle au numérique. Les formations en MAO accompagnent la production musicale, de la découverte des outils à la structuration de projets. Le lieu va plus loin. Il intègre des dimensions de santé et de bien-être, avec des séances de sophrologie autour du stress ou du sommeil, et des sessions de prévention auditive. Kazokoo accueille aussi des expositions et des vernissages. Multiplie les formats de diffusion, comme les open platines ou les befores, pour offrir une première scène aux artistes émergents.
Avec plus de 120 ateliers organisés, des centaines de participants et des milliers de personnes touchées, Kazokoo s’impose progressivement comme un acteur structurant du paysage culturel toulousain. Un lieu porté par une équipe engagée, issue des musiques actuelles, de la production et du secteur associatif. Un an après son ouverture, Kazokoo confirme une chose. C’est un espace hybride ouvert à la culture jusqu’à sa table.

