Les K d’or, un film de Jérémy Ferrari
Un premier long et toujours très attendu car il en dit toujours plus que ce que le réalisateur souhaite proposer. En bref il se livre à nous à 200% pour prouver qu’il est capable d’affronter ce monstre qu’est un long métrage. Aussi faut-il l’accueillir avec un maximum de bienveillance, souligner le bien sans surligner l’hésitant, en bref le câliner.

Laura Felpin (Zoulika), Jérémy Ferrari (Noé) et Eric Judor (Ryan) – Crédit : Iconoclaste
Cher lecteur, vous avez là la règle qui dicte ma plume pour le premier film de l’humoriste Jérémy Ferrari, show-man que l’on ne présente plus.
Egalement co-auteur du scénario, il incarne aussi à l’écran Noé, un fils caché de… Kadhafi. Rompu à la bagarre, Noé décide de partir dans le désert libyen où se trouverait, dans le Sahel et sous format puzzle, le trésor de son père. Pour passer plus ou moins inaperçu, Noé va s’adjoindre une équipe de bras cassés délirante. Zoulika, ancienne déradicalisée, ayant semble-t-il des connexions dans les parages, et Ryan, un malvoyant inscrit dans la section handisport du Marathon des sables. Il sera guidé par un (vrai) chien à trois pattes. S’il faut reconnaitre un certain flou dans l’histoire, ce film révèle cependant un véritable comédien de cinéma en la personne de Jérémy Ferrari. Outre un physique largement exposé et avantageux, l’humoriste tient sa place dans ce trio de Pieds Nickelés avec habileté. Il sait qu’il dépend d’eux alors qu’ils ne sont bon à rien sinon à gaffer. La justesse de la composition est à souligner. A ses côtés, il a, ce n’est pas une surprise, tout le talent lunaire d’Eric Judor, c’est lui Ryan, désopilant en handicapé aux mains baladeuses. Le troisième larron est en fait une femme, Zoulika, en vérité Louise. Jérémy Ferrari a casté pour ce rôle une collègue du stand up : Laura Felpin. Dire qu’elle en fait des caisses relèverait d’un doux euphémisme… Elle ne fait que surexposer son fonds de commerce « artistique » : trivialité et hurlements à vriller les tympans sans oublier une prosodie stroboscopique. Son personnage, monolithique, est assurément ici le point faible, tout en se voulant… le point fort. Dommage.
Après, place à des ballades dans le Sahara entrecoupées de saynètes rapidement montées. Bien sûr, et cela ne nous étonne pas, il y a beaucoup de clins d’œil assassins sur les turpitudes du monde actuel.
Un film générationnel certainement mais qui permet de lever un voile sur la face cachée d’un artiste certainement complexe.

