Nuremberg, un film de James Vanderbilt
On ne dira jamais assez fort combien ce genre de film est nécessaire, pour aussi douloureux qu’il soit. Le second opus du réalisateur James Vanderbilt, malgré les problèmes de financement qu’il a connus , évoque en deux heures le procès le plus important de notre Histoire, celui qui s’est tenu à Nuremberg en 1946, en présence d’une cour internationale et face à 24 des plus hauts dignitaires nazis. Le film se concentre sur Douglas Kelley (1912-1958), psychiatre américain dépêché sur place afin de juger de l’état mental des accusés et en particulier du plus « illustre », Hermann Göring (1893-1946). Le scénario a été construit sur l’essai de l’historien américain Jack El-Hai : Le Nazi et le Psychiatre, qui lui-même s’inspire du livre publié par Douglas Kelley.

Sur le banc des accusés : Hermann Göring (Russell Crowe) – photo : Bluestone Entertainment
Les décors reproduisent la salle d’audience maintes fois vue à la télévision, le placement des inculpés est le même. Le film de James Vanderbilt comporte un extrait de 6’ du documentaire Nazi Concentration Camps projeté, dans son intégralité, lors du procès. Insoutenable…
Principal protagoniste à la barre de l’accusation, le Procureur en chef des USA, le juge Robert H. Jackson (1892-1954) se verra rejoint in extremis par le Lord Chancelier britannique Sir David Maxwell Fyfe, celui-là même qui finira par faire « craquer » le Reichsmarschall. Ce dernier préféra se suicider en avalant du cyanure dans sa cellule quelques minutes avant son exécution.
Le film trace aussi le portrait sensible et émouvant du Sergent Howie Triest (1923-2016), soldat américain d’origine allemande qui servit d’interprète au psychiatre.
Outre une distribution superlative et une direction d’acteur éblouissante, le film insiste sur la manipulation diabolique de Göring face à Kelley.
Russell Crowe (monstrueux Göring), Rami Malek (ambigu Kelley), Richard E. Grant (Maxwell Fyfe), Michael Shannon (Jackson) et Leo Woodall (Howie Triest) sont les principaux protagonistes de cette bouleversante mais indispensable leçon d’Histoire, alors qu’un nombre grandissant de mouvements remet en cause l’existence même de la Shoa.

