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Wonder Wheel, le nouveau Woody Allen

31 Jan Publié par dans Cinéma | Commentaires

En pleine tourmente médiatique Woody Allen présente son 47ème long métrage, Wonder Wheel.

Peu de promotion pour ce film depuis que sa fille adoptive a accordé un entretien inédit où elle répète que le réalisateur a abusé d’elle enfant. La polémique n’en finit plus de grandir, certains affirmant ou demandant la fin d’un règne. A 82 ans, le destin de Woody Allen est plus qu’incertain. Mais, mise à part, cette affaire gravissime, que vaut son dernier long métrage ?

Woody Allen fait du Woody Allen

Il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent le style de Woody Allen, mais chacun s’accorde à dire qu’il a su imposer sa marque de fabrique. Qu’elle est-elle ? D’abord des couleurs accentuées, une ambiance en quasi huis-clos, des dialogues bavards et des relations toujours sous haute tension. Sans parler du scénario qui est souvent un nœud complexe et souvent familial (tiens donc !)

Ici on retrouve Kate Winsley dans le rôle de Ginny, une serveuse désabusée qui a dû renoncer à son rêve d’actrice. Ginny est mère d’un jeune garçon perturbé. Elle a refait sa vie avec Humpty, mais elle ne l’aime pas ou plus. Elle trouvera alors du réconfort auprès de Mickey, un jeune maître-nageur, qui a lui aussi des aspirations artistiques. Il n’en fallait pas moins pour que leur rencontre se termine en une idylle adultérine. Ginny retrouve une forme de bonheur quotidien. Jusqu’au jour ou débarque Carolina. Cette dernière va brouiller toutes les cartes. Elle vient demander refuge auprès de son père Humpty qu’elle n’a pas revu depuis 5 ans. Les deux étaient fâchés depuis que Carolina avait épousé une espèce de gangster violent. La jeune femme vient de le quitter et craint pour sa vie. Le bonheur pourrait s’inviter dans ce foyer recomposé, mais cela ne marche pas aussi facilement. Surtout lorsque Carolina rencontre Mickey et que les deux se sentent attirés l’un par l’autre.

Facile alors d’imaginer la suite et de sentir le drame monter lorsque la fille tombe amoureuse de l’amant de la femme de son père. On ne peut pas faire plus ambiguë comme situation, mais c’est là toute la marque de Woody Allen.

Quatuor en or

Si le scénario tourne vite en rond et qu’on anticipe souvent l’épisode suivant, il faut reconnaître que le casting est parfait dans l’exercice imposé.
Kate Winslet nous embarque avec elle en femme ultra stressée qui a peur de tout et ne veut pas faire de vagues, hilarante ! Justin Timberlake, souvent en narration directe avec le spectateur (autre rouage typique chez Woody Allen) est convaincant dans la peau du beau romantique aux rêves de gloire. Jim Belushi joue lui le père qui a toujours un train de retard et qui passe son temps à crier. Enfin, last but not least, Juno Temple est superbe dans le rôle de Carolina qui tente de reconstruire sa vie.

La beauté du film tient donc en grande partie grâce aux quatre comédiens qui rendent les dialogues justes et souvent drôles. Reste à accorder une mention spéciale pour l’enfant terrible de l’histoire, le jeune fils pyromane de Ginny qui passe son temps à allumer des feux.

Malgré ces points positifs, le résultat reste un peu léger. Woody Allen aurait-il du mal à se renouveler ? Pour ceux qui sont accoutumés à son cinéma, on retrouve toutes les ficelles déjà utilisées sur de nombreux films – et qui du reste marchent bien – mais au risque de se répéter et donc s’affadir le résultat final. Comme toujours cela reste à l’appréciation de tout un chacun. Quoiqu’il en soit, le film est esthétique et fidèle à son créateur.

Sylvie V.

Bande annonce de Wonder Wheel:

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