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Fantômes et rapaces

15 Déc Publié par dans Théâtre | Commentaires

À Toulouse, la comédienne Marie Vialle et l’écrivain Pascal Quignard sont réunis sur la scène du Théâtre Garonne dans « la Rive dans le noir ».

Après une série de contes peuplés de personnages énigmatiques et d’animaux légendaires, regroupés dans un triptyque présenté à Toulouse (« Triomphe du temps » et « Princesse Vieille Reine » au Théâtre Garonne, « le Nom sur le bout de la langue » au Théâtre national de Toulouse), la comédienne Marie Vialle et l’écrivain Pascal Quignard renouvellent leur passionnant compagnonnage avec une quatrième collaboration intitulée « la Rive dans le noir ». Créée au Festival d’Avignon et présentée aujourd’hui au Théâtre Garonne, cette pièce réunit sur scène Marie Vialle, quelques volatiles et l’auteur de « Tous les matins du monde » et de « Villa Amalia » – textes connus pour avoir été adaptés au cinéma. Dans cette nouvelle expérience de pure poésie, l’écrivain et la comédienne entrent donc ensemble sur la rive des ombres pour rappeler à la vie les esprits des chers disparus. Chantal de la Coste signe la scénographie qu’elle décrit comme «une boîte noire où actrice, oiseaux, écrivain (masques et ombres) se côtoient. Un espace où la moindre apparition ténébreuse semble d’une clarté antérieure».

Pascal Quignard raconte : «Un jour on retombe dans son symptôme. Enfant je refusais de manger à la table familiale. Curieusement on m’autorisait à en user de la sorte, gentiment. On me mettait seul, dans une pièce, à manger dans le noir. On refermait la porte, je mangeais dans le noir total. (…) Je me suis inventé une “performance de ténèbres” où je cherche des ombres de ma vie dans le noir, où je joue les « Ombres errantes » de Couperin ou les différentes Chouettes de Messiaen sur un piano à queue noir, où des rapaces et des nocturnes me visitent dans l’obscurité totale de la scène, où, surtout, le vieux chamanisme reprend tous ses droits de danse, de chant, de lande, de sauvagerie, d’enfance. Marie Vialle sublime – avec qui je travaille depuis treize ans, qui a toujours rêvé être plus qu’une comédienne, plus qu’une violoncelliste, plus qu’une danseuse, plus qu’une cantatrice – se retrouve possédée à neuf reprises par des animaux et des fantômes. Je l’accompagne sur scène dans ses métamorphoses.»

Jérôme Gac
une chronique du mensuel Intramuros

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Du lundi 18 au jeudi 21 décembre, 20h00, au Théâtre Garonne,
1, avenue du Château d’eau, Toulouse. Tél. : 05 62 48 54 77.

photo : « La Rive dans le noir » © Richard Schroeder

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