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Manuel Chaves Nogales au pays des Soviets

07 Déc Publié par dans Littérature | Commentaires

Des nouvelles inédites de l’auteur d’À feu et à sang.

Manuel Chaves Nogales (1897-1944) est l’auteur de l’un des plus beaux livres jamais écrits sur la guerre d’Espagne, À feu et à sang, recueil de huit nouvelles incandescentes et glaçantes que l’écrivain et journaliste publia sur le vif (1937). Ce républicain, qui se présentait comme un «petit bourgeois libéral», «antifasciste et antirévolutionnaire par tempérament», avait compris que quels que soient les vainqueurs du conflit, franquistes ou staliniens, il n’aurait plus sa place en Espagne. Il choisit donc l’exil, en France puis en Angleterre où il mourut. Essentiellement publiée au Quai Voltaire, l’œuvre protéiforme de Manuel Chaves Nogales – romans, nouvelles, recueils de chroniques ou de reportages – séduit autant par l’acuité du regard que par la puissance d’évocation.

Si les quatre brèves nouvelles qui complètent La bolchévique amoureuse sont plutôt anecdotiques, la longue nouvelle qui donne son titre au recueil reflète tout le talent et la sensibilité de l’écrivain. On y découvre une vieille femme, Maria, recluse dans un sanatorium de l’URSS stalinienne. Elle a tout donné, tout sacrifié à la révolution, mais au soir de sa vie, au contact de deux jeunes gens qui la jugent pas assez communiste malgré ses états de service, elle sent monter en elle des images, des sentiments, des nostalgies du monde d’avant. Il y a du Camus chez Manuel Chaves Nogales indéfectiblement attaché, jusqu’au cœur des ténèbres à une «humanité douloureuse, bancale».

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

La bolchévique amoureuse, Quai Voltaire, 160 p.

 

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