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Cinq minutes de gloire

04 Déc Publié par dans Théâtre | Commentaires

Auteur, metteur en scène et directeur du Centre dramatique national de Montpellier, Rodrigo García est de retour à Toulouse pour présenter au Théâtre Garonne sa nouvelle pièce, « Evel Knievel contre Macbeth ».

Auteur et metteur en scène d’origine argentine, Rodrigo García est installé au Centre dramatique national de Montpellier, qu’il a baptisé HTH (Humain trop humain). Il a finalement décidé, faute de soutien d’une municipalité trop frileuse, de ne pas demander le renouvellement de son premier mandat de quatre ans à la direction d’un des CDN les plus modestes de l’hexagone. Quittant ses fonctions à la fin du mois de décembre, « Evel Knievel contre Macbeth » est donc son ultime création à HTH. Tout juste créée, elle est aujourd’hui présentée au Théâtre Garonne, à Toulouse, où il est toujours le bienvenu depuis déjà de nombreuses années.

De son vrai nom Robert Craig Knievel Jr., Evel Knievel était un motard américain qui réalisa des cascades très médiatisées, dont une tentative de saut au-dessus du Snake River Canyon, dans l’Idaho. Blessé en 1975 après une tentative de saut à moto au-dessus de treize bus à étage, au stade de Wembley, il se casse la clavicule et la main droite deux ans plus tard en sautant au-dessus d’une piscine remplie de requins. Après sa mort en 2007, son nom est associé à une attraction située à Six Flags St. Louis, aux États-Unis : un parcours de montagnes russes en bois.

Rodrigo García raconte : «J’avais envie de faire quelque chose où Macbeth et les sorcières (Lady Macbeth ne m’a jamais intéressé, je préfère Macbeth parce que l’éthique est sa croix, et que c’est un faux dur… et je préfère les sorcières parce que ce sont elles les auteurs de la pièce, elles qui connaissent l’avenir) aient leurs cinq minutes de gloire warholiennes, et pour cela il fallait, face à Macbeth, un héros justicier, et j’ai pensé qu’Evel Knievel était parfait pour ça. Comme mon enfance a été un esclavage, une merde sans nom qui mérite d’être jetée aux oubliettes, je n’ai presque aucun souvenir concret, j’ai effacé les détails ; c’est pour ça que j’ai construit mon passé à ma façon, en mêlant fiction et réalité. Entendons-nous bien… si mon père avait été philosophe et ma mère concertiste de piano, je n’aurais jamais eu vent d’un type comme Evel. Mais mes parents étaient des travailleurs qui n’avaient pas fait d’études, et ma famille était de classe populaire, donc découvrir l’existence d’Evel en regardant la télé en noir et blanc était plus dans mes cordes que d’aller à l’opéra voir « l’Enlèvement au Sérail » et de dîner ensuite au restaurant.»

Jérôme Gac
une chronique du mensuel Intramuros

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Du mardi 5 au samedi 9 décembre, au Théâtre Garonne,
1, avenue du Château d’eau, Toulouse. Tél. : 05 62 48 54 77.

photo : « Evel Knievel contre Macbeth » © Marc Ginot

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