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Résidence 1+2 : Une expérience photographique «pour sortir du culte du ciel bleu et de la brique rose»

09 Oct Publié par dans Exposition, Photo | Commentaires

Ils sont de retour. Résidence 1+2 expose une nouvelle fois ses œuvres photographiques consacrées à la ville de Toulouse sur le thème « Traversées » au musée Paul-Dupuy du 13 octobre au 19 novembre. Au programme, une déambulation à travers les différentes installations de l’exposition et un colloque à l’auditorium des Abattoirs suivi de la projection en exclusivité du film de la Résidence.

Comment faire vivre Toulouse dans le regard des autres ? En le livrant à l’inconnu. Une prise de risque que s’est lancée Philippe Guionie, le directeur artistique de Résidence 1+2. En seulement deux mois, de janvier à février, trois photographes, Israël Arino, Leslie Moquin et Christian Sanna, se sont rencontrés pour la première fois afin de créer conjointement leur propre vision de Toulouse.

Aperçu des artistes.

Israël Arino : Le partage des eaux

Originaire de Barcelone, cet habitué des Résidences se démarque par sa technique de la chambre photographique et du collodion humide, un procédé ancien qui prête à ses photographies une atmosphère mélancolique et une imperfection poétique. En noir et blanc ses œuvres révèlent le  patrimoine fluvial de la Garonne et du Canal du Midi sous ses différents aspects.

Le d™ome Saint-Joseph de La Grave, »Le partage des eaux », Isreal Arino

Leslie Moquin : Qui sème le vent

Diplômée de l’École Nationale de la photographie d’Arles, Leslie Moquin opte quant à elle pour la couleur en associant création plastique et méthodologie scientifique pour figurer le mouvement du vent d’Autant, patrimoine immatériel de la région Occitanie. Pour cela elle photographie des instruments à mesurer la force du vent tel que l’anémomètre avant de passer à la phase expérimentale de l’écriture scientifique. Un moyen d’étayer et de faire semblant de valider ses  images.

Anémomètre dit « de Calder », »Qui sème le vent », Leslie Moquin

Christian Sanna : Carnet de vol

Photographe italo-malgache, Christian Sanna a choisi de réaliser un carnet de voyage mural sur le thème de l’Aéropostale qui fêtera ses 100 ans l’an prochain. Une occasion pour remettre au goût du jour les archives municipales de la ville, avant d’emprunter lui même la ligne des anciens pilotes de l’Aéropostale, en quête des vestiges de phares qui guidaient les vols nocturnes.

Phare de l’Aéropostale à Sallèles-d’Aude, »carnet de vol », Christian Sanna

Synthèse du travail de la Résidence, un film documentaire de 26 minutes, réalisé par Clémentine Carrié, étudiante à l’École Supérieure de l’Audiovisuel de Toulouse (ESAV), sera diffusé lors de l’exposition. Il formera une synthèse du travail des trois photographes tout en questionnant les liens entre la photographie et le temps.

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Toulouse en BD

En trait d’union, Yohan Colombié-Vivès, jeune illustrateur originaire de Moissac, a réalisé une bande dessinée en deux planches intitulée «TOULOUSE-CASABLANCA aller simple » en associant les trois thèmes de la deuxième saison de Résidence 1+2 : l’eau, le vent d’Autan et l’Aéropostale. Une conclusion ludique et originale, venant rompre avec la tradition exclusivement photographique de la Résidence.

A travers différents supports, différentes thématiques propres à l’identité de la région et à travers le regard neuf d’artistes venus d’ailleurs, Philippe Guionie a relevé le défit de valoriser la ville de Toulouse tout en mêlant création artistique et partage des savoirs.

Pourquoi avoir choisi le musée Paul-Dupuy cette année ?

Tout d’abord, le lieu sied bien à la photographie de par sa disposition. De plus, il y a un lien intime entre nous, Résidence1+2, et le musée. Diana Luis, notre photographe de renom de la saison 2016, avait travaillé à partir de la collection de costumes du musée. Donc cela me semblait porteur de sens que nous revenions dans cet écrin, patrimoine typiquement toulousain.

Faut-il s’attendre à une troisième édition ?

Nous allons garder le même projet qui associera trois photographes d’horizons très différents. A côté de cela nous allons développer d’autres formes de Résidences, plus ponctuelles, plus ciblées et plus courtes. Ce que j’appelle la Résidence «Hors les murs ». Nous en ferons une à Barcelone, une autre dans un village près de Toulouse, mais cela ne concernera qu’un seul photographe. Un format plus classique avec un territoire, un photographe, un savoir-faire. Enfin, dans un troisième programme un photographe dans un temps très court proposera un regard neuf sur une entreprise.

Claire Eckersley


vendredi 13 octobre 2017
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