Close

Mengele, la mort était son métier

09 Oct Publié par dans Littérature | Commentaires

Avec La Disparition de Josef Mengele, Olivier Guez retrace la vie et la cavale du criminel de guerre nazi.

Mengele : ce nom, qui glisse comme un serpent, incarne dans la mémoire collective toute l’horreur du système concentrationnaire nazi. Le médecin de la SS, qui sévit à Auschwitz où ses exactions sadiques prirent l’alibi d’«expériences», réussit comme tant d’autres de son pedigree à échapper à la justice après-guerre. Direction l’Argentine de Perón pour Helmut Gregor (l’un de ses avatars). Là-bas, les anciens criminels de guerre nazis étaient toujours gâtés et Mengele y retrouve notamment Ante Pavelić (le Führer croate), Simon Sabiani (collabo français) ou Vittorio Mussolini, (deuxième fils du Duce). Eichmann n’est pas loin, mais le Mossad lui mettra la main dessus. Quant à Mengele, il poursuivra impunément sa vie de clandestinité et de cavale (avec des séjours en Uruguay, au Paraguay et au Brésil où il meurt en 1979).

Avec application, Olivier Guez retrace ce parcours d’un homme dont la principale caractéristique semble être la médiocrité. Médiocrité du personnage, médiocrité de son existence de fuyard épaulé par d’autres ratés. Nous sommes loin des figures de génie du Mal fantasmées par Hollywood (Marathon ManCes garçons qui venaient du Brésil) et Olivier Guez ne parvient guère à insuffler du romanesque à un texte poussif. Au final, «l’odyssée dantesque» (sic) et le «roman-vrai», promis par la quatrième de couverture, cèdent la place à un objet hybride entre l’essai historique et le «docu-fiction».

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

La Disparition de Josef Mengele, Grasset, 240 p.

Olivier Guez © Jf Paga

.

Partager : Facebook Twitter Email

 


Christian Authier Plus d'articles de