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Troisième éblouissement : Je t’aime… moi non plus – Brigitte Bardot et Serge Gainsgbourg

30 Sep Publié par dans Musique | Commentaires

Dis-Moi Que Tu M’aimes – Assumant pleinement son sentimentalisme, Culture 31 se passionne pour les chansons d’amour : ceux qui les susurrent et ceux qui les écoutent.

Durant l’été 1967, Brigitte Bardot reçoit un appel de Serge Gainsbourg. A voix basse, il la questionne: possède t-elle un piano, et veut-elle entendre la chanson qu’il vient de composer ?

BB acquiesce deux fois. Gainsbourg la rejoint à son appartement.

La chanson en question est Harley Davidson, et cet instant, le début d’une passion qui durera trois mois.

Une nuit des semaines qui suivent, l’actrice demande au musicien de lui composer « la plus belle des chansons d’amour ». Gainsbourg s’exécute immédiatement. Au matin, il lui offre Je t’aime… moi non plus.

L’arrangement pour cordes, orchestré par Michel Colombier, est enregistré à Londres, les voix, au studio B des Studios Barclay à Paris. Bardot évoque son trouble de « mimer face aux techniciens l’amour que Serge me faisait en musique ». C’est finalement épaule contre épaule et main dans la main que les deux amants exécutent la séance.

Le titre est diffusé dès le lendemain midi sur Europe 1. Le label Philips, censé produire le disque, reçoit dans la minute les menaces de l’homme d’affaire Gunther Sachs, époux de BB, qui accepte l’infidélité de sa femme tant que celle-ci reste discrète. Philips renonce à le publier et, pour s’assurer d’aucun faux-pas futur, enferme la bande à double-tour dans un coffre fort, où elle dormira jusqu’en 1986.

Si l’incident entraîne la rupture de BB et de Gainbourg, il ne présumera pas de l’avenir de la chanson.

L’année suivante, Gainsbourg propose à sa nouvelle muse, Jane Birkin, de la réenregistrer. Birkin accepte « par jalousie », ne voulant pas « qu’il la chante avec une autre fille ». Gainsbourg réadapte sa partie un octave plus haut, afin de la différencier une fois pour toute de la version avec Bardot.

Conscient du caractère scandaleux de l’œuvre, le directeur de Philips suggère au Grand Serge : « Vous et moi risquons la prison. Alors autant prendre le risque d’un 33 tours complet plutôt que juste un 45 tours. Filez à Londres enregistrer la suite. » Cet album, c’est Jane Birkin-Serge Gainsbourg.

Je t’aime… moi non plus sort en janvier 1969, provoquant le tôlée attendu: interdit d’ondes en Angleterre, le Vatican demande son interdiction quand le directeur artistique italien de Philips est jeté en cellule. Néanmoins : c’est un grand succès populaire, et Gainsbourg conclue qu’il n’aura jamais eu meilleur publiciste que le Pape.

C’est aussi sa véritable rupture avec Bardot. Évoquant la première fois où elle l’entendit à la radio, elle avouera : « J’ai cru en mourir. Cette chanson me retombait dessus comme un pavé sur le cœur. »

Eva Kristina Mindszenti


Je t’aime… moi non plus

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