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Entre le mot et la note, s’éveille le génie de Pauline Viardot

22 Sep Publié par dans Musique classique | Commentaires

Toulouse renforce sa sensibilité à la poésie et à la musique… grâce à un nouveau festival de rentrée : « Musique en Dialogue aux Carmélites ».

Compte-rendu, concert. Toulouse, Chapelle des Carmélites, le 3 septembre 2017. Rien n’est bon que d’aimer : Liszt, Chopin, Bellini… Magali Léger, soprano. Laure Urgin, récitante. Marie Vermeulin, piano.

Viardot NYPL - Version 2

À la jonction de la fin des vacances et de la rentrée, la délicieuse Chapelle des Carmélites a bénéficié de deux manifestations originales, propres à satisfaire un public nombreux. Catherine Kauffmann- Saint-Martin a trouvé une idée originale pour une saison adaptée aux attentes de la ville rose. On sait comme la musique est bien aimée à Toulouse mais aussi le théâtre et les mots. Le fameux Marathon des Mots est un rendez-vous incontournable. En mêlant si subtilement mots et notes, les spectacles hybrides permettent autant à la sensualité qu’à l’intellect de correspondre. Après la Note Bleue qui a évoqué Chopin et Sand, c’est Pauline Viardot qui a été la muse de ce somptueux spectacle présenté en création : « Rien n’est bon que d’aimer »… Trois admirables jeunes femmes ont ainsi convoqué les mânes de la grande diva du XIX ème siècle, mais aussi femme de lettre, compositrice, pianiste et esprit toujours en éveil : Pauline Viardot.

Coiffure et tenue de grande élégance, Laure Urgin avec émotion et noblesse, incarne Pauline Viardot.

Les mots de la Diva sont puissants, percutants, émouvants. Elle a connu les plus grands artistes de son temps et a été adulée dans l’Europe entière. L’intelligence du choix des textes rend hommage à la sensibilité et au grand cœur de la sœur de Maria Malibran. Et le fameux poème d’Alfred de Musset* reste un moment d’émotion fort. Les hommages de George Sand, Musset et Tourgueniev à Pauline Viardot ne sont pas dénués, eux non plus, de la plus pure émotion. Laure Urgin a su porter toutes ces émotions diverses avec beaucoup de classe. Magali Léger a été une voix sensuelle et son art du chant évoque bien cette extraordinaire technique de bel canto mise au point par Manuel Garcia, le père des deux sœurs cantatrices, Pauline Viardot et Maria Malibran. La conduite du souffle, l’émotion au bord des lèvres et les mots déclamés avec art, tout fait du chant de Magali Léger un bonheur de chaque instant. Le piano de Marie Vermeulin est puissant ou subtilement mélancolique, selon les moments. L’art des couleurs et des nuances de la pianiste est confondant mais c’est surtout le sentiment de créer ensemble en s’écoutant et murmurant d’un même souffle les paroles des chants ou des textes qui rend cette fusion musique et mots si idéale par la magie du piano chantant de Marie Vermeulin.

La beauté  des trois artistes, leur don de chaque instant et leur amour pour Pauline Viardot, entre sourires et gestes tendres, font que le cadre, le fond et la forme sont indissociables. La beauté de la Chapelle, la beauté des dames, la beauté des mots et des notes ont fait fondre le public qui a fait un triomphe aux trois fées. Le miel du soleil déclinant a éclairé d’un or sublime cette après-midi de rêve.


Un beau concept qui séduit tant l’intelligence que les sens. Il m’a rarement semblé atteindre une fusion si belle entre texte et musique. Pourtant mes récents bonheurs en Avignon étaient déjà très touchants, mais là quelque chose de très singulier a comblé mes attentes. Le public espère retrouver bientôt la suite de cette superbe idée de Catherine Kauffmann-Saint-Martin : Musique en Dialogue aux Carmélites. Septembre représente ainsi un beau moment plein de promesses …

Retour de Musique en Dialogues aux Carmélites au printemps ? Nous l’attendons !

* Le titre de ce concert-lecture « Rien n’est bon que d’aimer » est un vers du poème d’Alfred de Musset : « A la Malibran »

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Illustrations : © JJ Ader

Compte rendu concert. Rien n’est bon que d’aimer. Musique en Dialogue aux Carmélites. Toulouse, Chapelle des Carmélites, le 3 septembre 2017. Musiques Franz Liszt, Frédéric Chopin, Clara Schumann, Vincenzo Bellini, Pauline Viardot, Textes d’Alfred de Musset, Pauline Viardot, Victor Hugo, Marceline Desbordes-Valmore. Magali Léger, soprano ; Laure Urgin, récitante ; Marie Vermeulin, piano.

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Pour approfondir un extrait vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=DQ_cZPul2RE

 

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