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En attendant l’apocalypse

14 Sep Publié par dans Cinéma | Commentaires

Après des hommages rendus à Louis Delluc, Sergueï M. Eisenstein, Danielle Darrieux, Henri-Georges Clouzot, Costa-Gavras ou Samuel Fuller, la saison de la Cinémathèque de Toulouse s’achèvera avec les films de Francis Ford Coppola.

Si la saison de la Cinémathèque de Toulouse s’ouvre sur «Les films qu’il faut avoir vus», elle se poursuivra dans l’underground avec les œuvres du cinéaste anglais Derek Jarman, mort des suites du sida en 1994. La salle de la rue du Taur contribuera cet automne au centenaire de la Révolution russe en projetant cinq films commémoratifs produits par l’Union soviétique : quatre d’entre eux le furent pour le dixième anniversaire (« Octobre » d’Eisenstein, « La Fin de Saint-Pétersbourg » de Poudovkine, « La Chute de la dynastie des Romanov » d’Esther Choub, « Moscou en octobre » de Boris Barnet), et « Lénine en octobre » de Mikhaïl Romm pour le vingtième anniversaire, en 1937. Sergueï M. Eisenstein sera d’ailleurs à l’honneur avec une rétrospective au début de l’année, après Henri-Georges Clouzot à l’automne.

Avant les fêtes, la Cinémathèque de Toulouse célèbrera le centième anniversaire de l’exquise Danielle Darrieux (photo), avant un hommage à Costa-Gavras, en sa présence. Au printemps, le cinéma militant sera à l’affiche, ainsi que les films du groupe Zanzibar, ce collectif d’artistes d’avant-garde et de cinéastes (Philippe Garrel, Jackie Raynal, etc.), actif à la fin des années soixante. Le cinéaste finlandais Aki Kaurismaki est attendu à Toulouse à l’occasion de la rétrospective qui lui sera consacrée au printemps. Deux cinéastes américains seront aussi à l’honneur cette saison: Samuel Fuller au cours de l’hiver, puis Francis Ford Coppola avant l’été. L’archive toulousaine s’intéressera également à Nollywood, à savoir le cinéma nigérien qui produit désormais chaque année, en vidéo, davantage de films qu’Hollywood.

Deux thématiques interrogeront le cinéma : on se demandera «Qu’est-ce que le cinéma ?», et il sera question de «Je double et double jeu» ou comment jouer «sur les effets de ressemblance et la mise en scène du double, du mimétisme à la duplicité, de la dualité à l’unicité», précise Franck Lubet, responsable de la programmation. Si Extrême Cinéma poursuit sa route avec une dix-neuvième édition en préparation, le festival Histoires de Cinéma fera son apparition en novembre prochain. Cette nouvelle manifestation prend la place du festival Zoom Arrière avec l’objectif de mettre en lumière le patrimoine cinématographique par le biais de cartes blanches confiées à des invités.

Enfin, Louis Delluc – l’inventeur du terme «cinéaste» – sera le fil rouge de la riche saison de ciné-concerts. Comme l’assure Franck Lubet, «à une époque où le cinéma était encore méprisé, Louis Delluc lui a donné ses lettres de noblesse. D’abord par la plume, créant une véritable ligne critique, puis derrière la caméra, impulsant la première avant-garde française, l’impressionnisme, aux côtés de Gance, Dulac, Epstein, L’Herbier et Clair. Le tout sur une période très courte, de 1917 à sa mort prématurée en 1924. Il faut revoir ses films d’une prophétique modernité. Par la sobriété du jeu et l’utilisation des décors naturels. Dans sa manière de saisir l’invisible, les sentiments, à travers la composition de ses plans. Louis Delluc croit en l’image et travaille ses cadres pour en faire le principal vecteur d’expression. Sous sa plume, le cinéma est sorti de sa chrysalide. Sous sa caméra, il a pris un nouvel envol. Maudits comme on dit des poètes, ses films ont subi l’emprise du temps. En reste cinq des sept qu’il a réalisés. Restaurés, nous pourrons les redécouvrir en regard de quatre films américains majeurs sur lesquels il a écrit.»

Jérôme Gac
une chronique du mensuel Intramuros


«Les films qu’il faut avoir vus», du 12 au 27 septembre,
«Je double et double jeu», du 11 au 31 octobre,
«Octobre 17», du 14 au 27 octobre.

Présentation de la saison, jeudi 14 septembre, 18h00,
à la Cinémathèque de Toulouse
, 69, rue du Taur, Toulouse.
Tél. : 05 62 30 30 11.

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