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L’autre Woody

25 Août Publié par dans Cinéma | Commentaires

Woody Harrelson a été dirigé par quelques-uns des plus grands cinéastes contemporains et le comédien peut tout jouer. La preuve avec la comédie Wilson.

Il n’y a pas que Woody Allen dans le cinéma américain. Et Woody Harrelson alors ? Il s’agit sans doute du plus méconnu des grands acteurs en activité. Quand la première saison de True Detective est sortie, toute la critique a salué par des dithyrambes la performance de Matthew McConaughey en oubliant celle – aussi impressionnante – d’Harrelson. Plus de vingt-cinq ans que l’acteur né en 1961 promène sa haute silhouette. Il a tourné avec quelques-uns des meilleurs cinéastes de son époque – Oliver Stone (Tueurs nés), Michael Cimino (The Sunchaser), les frères Farrelly (Kingpin), Milos Forman (Larry Flynt), Terrence Malick (La Ligne rouge), Stephen Frears (The Hi-Lo Country), Spike Lee (She Hate Me), Robert Altman (The Last Show), Paul Schrader (The Walker) ou les frères Coen (No Country for Old Men) – mais aussi avec des auteurs moins célèbres, comme l’excellent Oren Moverman pour lequel il a signé deux superbes compositions dans The Messenger et Rampart. S’il est souvent habitué à interpréter des personnages tourmentés, il peut tout jouer. Il est aussi à l’aise dans la comédie (voir notamment Semi-pro de Kent Alterman) que dans des blockbusters (la saga des Hunger Games, le dernier volet de La Planète des singes).

Avec Wilson, Woody Harrelson retrouve le registre de la comédie, mais dans un climat doux-amer en campant un personnage de quinquagénaire inadapté à la vie sociale. Wilson ne veut pas perdre son existence à travailler, il vit avec son chien, observe ses contemporains d’un œil affligé et amusé. Un jour, il décide de renouer avec son ex-femme et apprend par celle-ci qu’il est le père d’une fille, désormais adolescente, née après leur divorce et confiée alors à une famille d’accueil. Notre homme se met en tête de reconstituer sa famille…

Adaptation d’un roman graphique du célèbre Daniel Clowes (qui signe le scénario), Wilson offre le portrait d’un être attachant par ses failles, son immaturité, ses audaces. Face à des seconds rôles épatants (Laura Dern, Isabella Amara, Judy Greer, Cheryl Hines), Woody Harrelson déploie toute la palette de son talent. Heureusement car il ne se passe pas grand-chose d’autre à l’écran. Le récit a des trous, des scènes s’étirent. Dommage.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Wilson de Craig Johnson avec Woody Harrelson, Laura Dern, Isabella Amara. Durée : 1h35

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