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Une jeunesse… bis

17 Août Publié par dans Littérature | Commentaires

Alors à l’aube de sa trentaine, ce Perpignanais publie en 2008 chez XO son premier roman au titre improbable : Dieu est un pote à moi. Dire qu’il nous cueille au passage par sa verve, son naturel, son imagination est un doux euphémisme. Les six opus qui suivront, toujours chez le même éditeur, confirment une plume alerte, directe, dénuée de la moindre préciosité, mais toujours fidèle à notre temps et à ses fantasmes, ses déviances, ses préoccupations aussi.

Cyril Massarotto

Dès que l’on ouvre l’un de ses romans, il faut être certain que dès les premières pages il va vous prendre par la main et vous amener vers ces frontières que l’on franchit sans le savoir en permanence.

Son dernier titre ne faillit pas. Où il est question de Samuel, un trentenaire (tiens !), seul dans la vie, enfin pas tout à fait car à l’étage en dessous de son appartement, il y a les M&M’s, non pas les sucreries qui font tomber les dents et prendre du poids, mais un charmant couple de retraités sans enfant, Marcel et Marceline. Depuis longtemps, ils ont instauré un rituel : tous les soirs Samuel descend dîner chez eux. En fait, à eux trois ils ont reconstitué une famille. Il n’empêche qu’en dehors de ce repas quotidien et du travail Samuel trouve le temps long. Aussi, un soir, ne sachant trop comment tuer son temps, il décide un truc complètement baroque, il va téléphoner dans la maison qu’il a occupée pendant des années il y a longtemps, ses premières années. Samuel est sûr que personne ne répondra. Il a tort ! Et la surprise est de taille.

Abordant ici avec une légèreté virtuose des sujets graves et sérieux en eux-mêmes : la destinée, la volonté, le courage, le conflit des générations, les rapports de pouvoir, le harcèlement au travail, Cyril Massarotto nous embarque à nouveau vers ces destinations oniriques dont il a le secret et au bout desquelles vous vous retrouvez tout ému, la gorge serrée, l’œil humide mais le sourire qui se fraie un chemin au bout de vos lèvres.

Robert Pénavayre
une chronique de ClassicToulouse

« Quelqu’un à qui parler » de Cyril Massarotto – XO Editions – 270 pages

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