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Que la bête meure

04 Juin Publié par dans Littérature | Commentaires

Dans Les retrouvailles, Olivier Maulin quitte le ton picaresque de ses précédents romans pour un drame criminel grinçant.

Ne pas se fier à la couverture du nouveau roman d’Olivier Maulin sur laquelle on aperçoit des verres de vin qui trinquent. Avec Les retrouvailles, l’écrivain s’éloigne des récits picaresques ponctués de dérives éthyliques qui ont fait sa signature. Oubliées les communautés de doux-dingues sur fond de retour à la nature ou de quête improbable d’un monarque (En attendant le roi du monde, Petit monarque et catacombes). Ici, Maulin emprunte un registre plus épuré et plus glaçant. Le rire s’efface devant l’angoisse. Le drapeau noir des copains d’abord cède la place aux figures du roman noir, genre déjà fréquenté avec Le dernier contrat.

Les retrouvailles dont il est question dans le titre sont celles qui réunissent Laurent et Michel, anciens camarades des années d’étude. Yvon et Flore, frère et sœur de Michel, seront aussi de la partie le temps d’un week-end dans une vaste bâtisse perdue au cœur des montagnes de Savoie. Chacun est accompagné de sa petite famille – maris, femmes et enfants – pour se souvenir, vingt-cinq ans après, du bon vieux temps. Sauf que les rancœurs familiales, les jalousies sociales et un amour de jeunesse vont contrarier la fête. L’alcool coule à flots, les langues se délient, des regards trahissent des secrets mal gardés.

On ne dévoilera rien en révélant que ces retrouvailles finiront mal. D’emblée, le lecteur accepte la dramaturgie annoncée, mais Olivier Maulin – en habile démiurge – sait réserver des surprises et ménager ses effets. On déguste ce huis clos grinçant comme un alcool fort dont l’amertume n’exclut pas la profondeur. Cela évoque les meilleurs films de Chabrol des années soixante-dix. Chapeau l’artiste.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Les retrouvailles, éditions du Rocher, 212 p.

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