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Accessible à certaine mélancolie

20 Mai Publié par dans Littérature | Commentaires

L’écrivain chilien Ramón Díaz-Eterovic met en scène dans Negra soledad son personnage fétiche Heredia, détective mélancolique et désabusé.

Heredia n’est pas de son époque. Allergique aux ordinateurs et aux téléphones portatifs, il promène sa nostalgie dans les rues de Santiago et se souvient «du temps où les parcs n’étaient pas encore des espaces privés ou vendus à des entrepreneurs qui tiraient profit du désir des gens de connaître un bosquet.» Néanmoins, une force l’oblige à ne pas désespérer jusqu’au bout et c’est par fidélité à la mémoire de son ami  Alfredo qu’il va enquêter sur l’assassinat de cet avocat ayant pris la défense de villageois menacés par une exploitation minière. Si Negra soledad (septième roman de Ramón Díaz-Eterovic publié chez Métailié) permet de retrouver nombre de personnages croisés dans l’œuvre de l’écrivain (dont le chat Simenon, jamais avare de conseils), ce roman noir totalement ancré dans les réalités chiliennes contemporaines, mais sur lequel planent les ombres de Raymond Chandler et d’Elmore Leonard, vaut aussi pour son désenchantement altier, ses digressions, sa petite musique de nuit doucement poignante.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Negra Soledad, traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, Métailié noir, 345 p.

Ramon Diaz Eterovic © Philippe Matsas

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