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Dans le rétro

12 Mai Publié par dans Littérature | Commentaires

Vivastella d’Yves Pourcher entraîne le lecteur dans un tourbillon au charme rétro.

C’est toute une époque – des lendemains de la première guerre mondiale à la seconde – que ressuscite Vivastella. Une époque durant laquelle les avant-gardes artistiques explosent, les long-courriers rapprochent les continents, le fascisme et le communisme étendent leur emprise, la littérature (notamment française) brille de mille talents, le cinéma devient une industrie mondiale, la vitesse est une vertu. Aux années folles vont succéder les années noires. Historien et ethnologue, professeur à l’Institut d’études politiques de Toulouse, Yves Pourcher (auteur de plusieurs romans parmi lesquels Trois coupes de champagne et Moi, Josée Laval) plonge dans ces tumultueuses décennies avec un roman choral composé de huit récits dont certains motifs – par exemple la mythique automobile Vivastella  de Renault – servent de fil rouge. De Paris à Lisbonne, de Moscou à Shanghai, avec des stations à Vichy ou Barcelone, il évoque des destins bousculés par l’Histoire, fait se croiser personnages réels et personnages de fiction, prêche le faux pour saisir le vrai.
La virtuosité de l’ensemble doit sans doute à la rigueur et à la science de l’universitaire, mais celles-ci n’empiètent jamais sur l’imaginaire de l’écrivain. Le sens du détail, la précision du trait, le soin apporté aux décors et aux climats se fondent dans un kaléidoscope éminemment romanesque. Il y a là de la légèreté, de la gravité, des teintes sépia et du technicolor. Des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, se perdent. En dépit de la tragédie qui a son mot à dire, Vivastella distille sa dose de nostalgie. Montez à bord et regardez dans le rétro…

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Vivastella, L’Éveilleur, 241 p.

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