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Où dîner à Toulouse ?

27 Avr Publié par dans Gastronomie | 10 Commentaires

Il y a du talent et de la diversité sur les tables toulousaines. On ne s’en plaindra pas quand, longtemps, les adresses recommandables tenaient sur les doigts des deux mains. Aujourd’hui, on ne sait plus où donner de la fourchette. Dans l’excellence gastronomique, il faut citer bien sûr Michel Sarran, l’indéboulonnable double étoilé de la ville ou chez les plus jeunes le Py-r de Pierre Lambinon ou L’Aparté de Jérémy Morin (à Montrabé), tous deux une étoile. En Marge de Franck Renimel n’est pas loin du précieux sésame, mais l’horizon du bien manger ne se limite pas aux adresses prestigieuses. Ainsi, la simplicité bistrotière est magnifiée au Rocher de la Vierge quand le Bàcaro (et sa remarquable carte des vins) propose sans manières une cuisine de haute tenue. Des «institutions» (Emile, Le Pic Saint-Loup, Le Genty Magre, La Belle équipe…) tiennent le cap. Christian Constant a redonné ses lettres de noblesse au Bibent. Les Enfants Terribles ont pris un coup de jouvence avec un nouveau chef. Jour de marché annonce la couleur et ne déçoit pas. Après la réussite du Solilesse, Yohann Travostino a ouvert le Glastag confié à un jeune chef doué. En voici quelques autres. Bon appétit…

Aziz Mokthari / Les P’tits Fayots @ Pierre Beteille

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Etoilé

En Pleine Nature

Commençons par faire un petit détour à quelques kilomètres de Toulouse, à Quint-Fonsegrives, pour rendre hommage à Sylvain Joffre et à sa cuisine inspirée, sensible, s’appuyant sur des producteurs locaux de haut vol. Sous sa bonne étoile (Michelin), le chef concocte des menus précis et sans fausses notes où la technicité n’efface jamais la vérité du goût. Du pain (provenant de la boulangerie du restaurant) à la carte des vins elle aussi portée vers le «nature», rien n’est laissé au hasard. Cuisine locale, gourmandise globale.


Bistro

La Binocle

«Bistronomie ! Bistronomie ! Bistronomie !» scandaient en sautant comme des cabris les foodingues. Le terme ayant été tellement galvaudé et devenu un objet de marketing, il est rafraîchissant de revenir à son esprit originel : le vrai bistro avec quelque chose en plus. C’est chose faite à La Binocle dans une petite rue à l’ombre de la place Saint-Georges où des plats simples et des classiques sont superbement revisités. Du pied de cochon à la sole en passant par les gibiers, tout est impeccable. Pour ne rien gâcher, des vins de copains à haute buvabilité sont à disposition. Desserts chaudement recommandés.


Gastro (1)

Solides

Simon Carlier a fait ses débuts à la télévision (Masterchef), mais la suite a magistralement transformé le spectacle en réalité. Depuis quelques années, il a fait de son restaurant dans le quartier des Carmes l’un des hauts lieux de la gastronomie toulousaine. Pas de carte, mais des menus qui imposent leur évidence, qui surprennent et qui prennent par la main pour ne plus vous lâcher. Aux plats souvent fulgurants répondent des bouteilles savamment choisies. Du très solide.


Marché

L’Air de famille

Qu’est-ce qu’une cuisine de marché ? Celle conçue chaque jour à partir du marché que fait le chef pour élaborer sa carte. Georges Camuzet est plutôt bien placé puisque son restaurant se situe place Victor Hugo. Pour autant, cette exigence n’est pas la plus répandue quand beaucoup préfèrent se cantonner aux plats préparés par les grossistes de la restauration. Mariages terre et mer, volaille, gibier, agneau : à L’Air de famille, on connaît les fondamentaux et on les honore avec une énergie qui ne laisse pas de marbre.


Comptoir

L’avant Marius

Pas forcément besoin de mettre les petits plats dans les grands pour bien dîner. Depuis longtemps, la gastronomie s’est décontractée, a remisé les nappes blanches et les verres en cristal. La preuve avec Nicolas Brousse qui – après avoir fait de Monsieur Marius l’une des belles tables de la ville – propose au comptoir de L’avant Marius (mais aussi en terrasse et sur quelques tables) des portions aussi fringantes que délicieuses mariant cochon, coquillages, crustacés, légumes de saison. On peut accompagner cela d’un jurançon de Charles Hours ou de quelques rouges de caractère.


Asie

L’Empereur de Huê

Faut-il encore présenter Sarah Truong-Qui ? La chef surdouée a fait de son restaurant de la rue des Couteliers un temple de la gastronomie dans la ville rose en rendant hommage à une certaine cuisine vietnamienne. Chez elle, des incontournables (nems, soupe Pho…) côtoient gambas et porc noir de Bigorre ou les délicieux calamars accompagnés de pak choi à l’ail et à la citronnelle. Le sucré et le salé se marient, les épices ont leur mot à dire, les assiettes pétillent. Épatant.


Gastro (2)

Les P’tits Fayots

Quand il a ouvert son restaurant, Aziz Mokthari a vite séduit les papilles toulousaines avec une cuisine bistrotière, franche et gourmande. Il aurait pu s’asseoir confortablement sur ce succès, mais voici presque deux ans il a changé de braquet, sans renier ses bases et opté pour une cuisine résolument gastronomique. Le résultat n’a pas déçu. Le soir, les menus déclinent harmonieusement produits simples et produits nobles, sophistication et légèreté. C’est beau et c’est bon. On dit merci.


Fusion

Le Pente douce

Quoi de commun entre une cassolette de trippes aux câpres et au citron, un couscous savamment décomposé et une crêpe à la violette (pour ne citer que trois plats emblématiques de La Pente douce) ? Tout simplement la maestria d’un chef, Hamid Miss, qui ose toutes les audaces car il connaît ses classiques sur le bout des doigts. Dans la salle au milieu de laquelle crépite une vaste cuisine ouverte, Hamid et son équipe signent des plats d’auteur sans ostentation. Equilibre des saveurs, justesse des goûts et des cuissons, esprit ludique (ah, la pizza à la truffe…) : le plaisir est toujours au rendez-vous. On voyage grâce à cette cuisine fusionnelle et totalement singulière. Pur talent.


Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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10 commentaires

  • Marrage dit :

    Bonjour,
    Merci pour toutes ces bonnes adresses si je partage votre avis sur la grande majorité. Je suis tout de même tres interrogatif de l absence totale du restaurant « les complices », qui fait à mon avis un peu mieux que 2,3 restaurants de votre liste.
    Pourriez vous nourrir ma curiosité et me dire pourquoi s’il vous plait?

    • C. Authier dit :

      Bonjour,
      Je vous avoue que je ne connais pas ce restaurant, mais je vais au plus vite corriger mon ignorance. Merci pour votre conseil.
      CA

  • labernardie dit :

    bonjour
    tout à fait d’accord avec cette belle liste mais à mon humble avis j’y aurais ajouté Magnum , le Tire Bouchon et le Temps des Vendanges !

  • Fabien dit :

    Je recommande aussi le L, place de la Bourse. Pas très pointu en vin, mais par contre la cuisine est très chouette. Entre le traditionnel du Tire-Bouchon et le gastronomique créatif des P’tits fayots ; mais assez tradi finalement. Avec, comme les autres, des produits bons et frais, et une cuisine du moment, très soignée, et des menus régulièrement renouvelés.

  • Bach daniele dit :

    La cantine des SALES GOSSES mériterait d’être dans votre classement je pense. Merci

  • Tarsicius dit :

    Les faits, Oui, il n’y avait pas grand chose à se mettre sous la langue il y a 20 ans. Les gargotes de la rue des filatiers et quelques attrapes touristes. Rares.
    Ce mouvement vers une cuisine propre, nature et plus saine est salvateur et forcément prometteur. Des adresses que je vais de ce pas visiter. Merci

  • Justine dit :

    Et les petits derniers : « Les Passionnés » à compans le long du canal de brienne? Cave à manger de l’ancien chef sommelier du Puits Saint Jacques

  • Labearnaise06 dit :

    Bonjour J aurais bien ajouté Le plaisir à la toque et le Bateau lavoir de la Rue des Blanchers ainsi que le Bol rouge


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