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L’île aux oiseaux

19 Avr Publié par dans Théâtre | Commentaires

Entretien avec Laurent Pelly pour sa mise en scène, au Théâtre national de Toulouse, de la pièce d’Aristophane « les Oiseaux », dans une nouvelle traduction d’Agathe Mélinand.

L’auteur 

Laurent Pelly : «Toutes les pièces d’Aristophane que je connais ont une force poétique et une imagination débridée. Je suis émerveillé par son écriture libre qui ose et par son imaginaire.»

La pièce

«Je tournais autour depuis longtemps – comme beaucoup de textes que j’ai montés au TNT. Elle est complexe et riche, aux thématiques multiples. Elle relève du fantastique mais est extrêmement politique. Elle a une portée à la fois poétique et politique, on y trouve un discours sur la place de l’homme dans la nature et sur la place des dieux dans la société des hommes. Le sujet de cette pièce est la nature : la nature de l’homme et la place de l’homme dans la nature. Ce théâtre archaïque est une satire qui nous parle encore aujourd’hui, car c’est une comédie brillante. Les héros, Évelpidès et Pisthétairos, ont aussi toutes les caractéristiques des clowns. Ils ont parcouru des kilomètres pour rencontrer un homme transformé en oiseau. Ils sont avant tout en fuite : ils fuient une cité devenue insupportable en raison de la corruption et de la multiplication des procès. Ce sont donc aussi deux fuyards à la recherche de paix et de tranquillité. Quand l’un d’eux rencontre les oiseaux, il a l’idée de fonder une cité entre l’Olympe et la Terre, entre le monde des dieux et le monde des humains. Aristophane est presque l’inventeur de la comédie musicale puisqu’à l’époque la pièce était en partie chantée, ce qui ne sera pas forcément le cas dans cette mise en scène. Il y a des références que l’ont ne peut pas saisir aujourd’hui, mais c’est très émouvant pour moi d’entendre ces oiseaux dans leur monde, un monde à la fois magnifique, cruel et violent. Ça reste un immense poème.»

La scénographie

«L’action se situe en pleine nature. La scénographie est un outil pour évoquer avant toute chose le monde des oiseaux, un univers poétique entre le minéral et le végétal. Ce sera un espace assez épuré, un no man’s land entre le ciel et la terre, mais on reste sur la terre puisque les hommes sont des personnages de la pièce. Le discours est poétique, mais c’est presque aussi une revue à grand spectacle.»

Les costumes

«Je ne veux pas encombrer les acteurs. Il est important pour moi de ne pas les déguiser, mais de travailler sur l’énergie et le mouvement. Nous sommes, selon moi, dans une sorte de tribu ancestrale, où les acteurs sont dotés d’outils ancestraux, transmis de générations en générations, qui permettent d’évoquer les volatiles et de raconter l’histoire.»

Propos recueillis par Jérôme Gac
le 7 mars 2017, à Toulouse, pour le mensuel Intramuros


« Les Oiseaux », jusqu’au 13 mai,
au TNT
1, rue Pierre-Baudis, Toulouse.
Tél. : 05 34 45 05 05.

Rencontres au TNT:
A. Mélinand (traductrice) et
M.-H. Garelli (professeur de littérature latine), samedi 22 avril, 17h00 ;
à l’issue de la représentation,
jeudi 27 avril ;
L. Pelly, samedi 5 mai, 18h30
(entrée libre).

Conférence : «L’oiseau, un enfant pas comme les autres»,
jeudi 4 mai, 18h30, au Muséum,
35, allées Jules-Guesde, Toulouse.

Films : du 21 au 22 avril,
à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse.
Tél. : 05 62 30 30 11.

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Livre : « Les Oiseaux », d’Aristophane, traduction d’A. Mélinand,
Éditions Les Solitaires Intempestifs (2017).

photo : L. Pelly © Myr Muratet / OnP

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