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Avec Idomeneo, Mozart porte un coup fatal à l’opera seria traditionnel

16 Mar Publié par dans Cinéma, Opéra | Commentaires

Opéra – Metropolitan de New-York / Gaumont – Idomeneo (Wolfgang Amadeus Mozart)

En composant Idomeneo, c’est un Mozart de 25 ans qui répond à une commande de l’Electeur Charles Théodore, roi de Bavière. Ce dernier souhaite un nouvel ouvrage lyrique pour la saison de Carnaval de 1781 dans son nouveau lieu de résidence qu’est la ville de Munich. Mozart n’aura pas le choix du livret, il va lui être imposé par la Princesse Electrice de Bavière. En fait ce sera une copie de celui qu’a utilisé André Campra pour sa tragédie lyrique du même nom en 1712.

Où il est question d’une légende antique relatant la promesse faite à Neptune par Idomeneo, roi de Crète, de retour de la guerre de Troie et pris dans une terrible tempête. Si le Dieu de la mer lui laisse la vie sauve, Idomeneo lui sacrifiera la première personne qu’il apercevra sur le rivage dès son retour. Fatalité, cette personne n’est autre que son fils Idamante. Au milieu de ce drame, des conflits amoureux opposent une princesse troyenne, Ilia, à une descendante des Atrides, Electre, toutes deux amoureuses d’Idamante. Conformément aux canons du genre seria, tout se terminera bien et montrera la magnanimité du Prince régnant obéissant aux dieux. Si l’adaptation littéraire de Varesco, un ecclésiastique salzbourgeois, n’est pas un vrai chef-d’œuvre, d’ailleurs Mozart lui-même en aura pleinement conscience, l’ouvrage porte en lui une vraie révolution en termes de réalisme dramatique et psychologique. La réforme entamée par Gluck trouve avec cet Idomeneo une suite évidente, en particulier dans le soin apporté par Mozart à lier les récitatifs et les airs, mettant quasiment en marche le processus qui doit aboutir au drame musical du 19ème siècle. Disposant du meilleur orchestre d’Europe, et donc du monde, celui de Mannheim, Mozart en profite pour écrire une partition d’une richesse toute nouvelle. Au travers de cet ouvrage, il démontre quel formidable homme de théâtre il va devenir. Lorenzo da Ponte va le mettre en lumière peu de temps après avec la célèbre trilogie.

Une production historique

C’est bien celle créée au MET en 1982, signée Jean-Pierre Ponnelle et déjà dirigée par James Levine, qui est reprise aujourd’hui. Elle demeure une production de référence d’une œuvre réputée difficile à mettre en scène.

C’est donc à nouveau James Levine qui sera à la tête de la phalange new-yorkaise avec, sur le plateau, le ténor Matthew Polenzani (Idomeneo), Alice Coote (Idamante), Nadine Sierra (Ilia) et Elza van den Heever (Electre). Grande soirée mozartienne avec des interprètes de tout premier plan, comme d’habitude sur cette scène. L’occasion également de voir une œuvre aussi singulière que magistrale rarement affichée.

Attention horaires spéciaux

Rendez-vous le samedi 25 mars au Gaumont Wilson à 17h55 et au Gaumont Labège à 16h55, un peu plus tôt donc afin de bénéficier de la conférence pré-retransmission au cours de laquelle Robert Pénavayre vous fera pénétrer les arcanes dramatiques et vocaux de cet ouvrage et vous parlera des interprètes de la soirée.

Réservations aux guichets de ces cinémas ainsi que sur www.pathelive.com

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Serge Chauzy

Idomeneo (Mozart)

samedi 25 mars 2017 à 17h55 (Gaumont Wilson) et 16h55 (Gaumont Labège)

En direct depuis le Metropolitan Opera de New-York

Diffusé dans vos cinémas Gaumont de Toulouse

Réservations

 

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