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Histoires de danse

05 Mar Publié par dans Danse | Comments

À Toulouse, le Ballet du Capitole reprend à la Halle aux Grains des pièces de William Forsythe, David Dawson et Jacopo Godani.

La saison du Ballet du Capitole se poursuit à la Halle aux Grains avec trois pièces déjà au répertoire de la compagnie toulousaine. Créées au cours des vingt dernières années, elles sont signées William Forsythe, David Dawson et Jacopo Godani. On reverra donc « The Vertiginous Thrill of Exactitude » (Le vertigineux frisson de l’exactitude), l’une des pièces les plus classiques de William Forsythe qui, tel George Balanchine, puise dans le vocabulaire académique du ballet façon Marius Petipa, pour en livrer une déstructuration virtuose. Cet hommage décoiffant à Balanchine, non dénué d’ironie, est un pur divertissement chorégraphié en 1996 sur l’allegro vivace de la Neuvième symphonie de Franz Schubert. La vélocité exigée nécessite de véritables prouesses physiques. Où l’on retrouve le traditionnel pas de deux, alors que les danseuses doivent briller malgré la gêne occasionnée par des robes qui empêchent leurs mouvements.

Créée par le Ballet national de Hollande en 2000, « A million kisses to my skin » est signée David Dawson sur le premier concerto pour clavecin de Jean-Sébastien Bach. Le chorégraphe anglais y détourne les codes du ballet classique en s’appropriant la musicalité à la Balanchine, et la prouesse technique, l’asymétrie et les déséquilibres à la Forsythe. Ce ballet aérien assume pleinement le plaisir ressenti par les danseurs évoluant sur scène.

Chorégraphié en 2009 par Jacopo Godani, « A.U.R.A. » (photo) exploite l’énergie du mouvement classique pour le tordre, sur le rythme de la musique électroacoustique de 48nord. Formé par Maurice Béjart, Jacopo Godani a été le danseur et l’assistant de William Forsythe au Ballet de Francfort. L’artiste italien assure : « Le travail de Maurice Béjart me plaisait énormément dans les années 80 et le travail de William Forsythe a changé ma vie évidemment. Le fait de travailler avec quelqu’un qui a une philosophie de vie et de travail radicalement différente de tout le monde à cette époque, c’est forcément marquant. Quand j’étais chez William Forsythe, j’ai collaboré à la création chorégraphique. Vous savez, il y a beaucoup de chorégraphes qui utilisent le matériel proposé par les danseurs. Forsythe travaillait de cette manière là. Donc quand j’étais à Francfort, j’ai beaucoup travaillé à la fabrication de ce matériel. Mais je crois que cela n’intervient pas dans ma manière de travailler. Bien sûr, je suis fait de toutes ces expériences, comme tout le monde, mais mon travail n’est pas du tout basé là-dessus. Cela m’a nourri tout comme Forsythe et Béjart ont été nourris par d’autres. C’est un peu pareil pour tout le monde dans de nombreux domaines. »(1)

Jérôme Gac
une chronique du mensuel Intramuros


(1) montpellierdanse.com

ForsythefevDu mercredi 8 au dimanche 12 mars,
à la Halle aux Grains,

place Dupuy, Toulouse.
Tél. : 05 61 63 13 13.

photo:
« A.U.R.A. » © David  Herrero

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