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La la land : beaucoup de bruit pour rien

31 Jan Publié par dans Cinéma | 4 comments

Vivre et chanter à Los Angeles

Grand favori des Oscars, La La Land de Damien Chazelle est une comédie musicale aussi poussive que bariolée.

Mia (Emma Stone) und Sebastian (Ryan Gosling)

Mia (Emma Stone) und Sebastian (Ryan Gosling)

Qu’on se le dise : Damien Chazelle est le nouveau petit génie du cinéma américain selon les critiques et les académies. Son deuxième film, Whiplash en 2014, autour d’un jeune batteur de jazz et de son tyrannique professeur, avait reçu dithyrambes et Oscars (trois). Son troisième long-métrage, La La Land, a déjà empoché sept Golden Globes et il est le grand favori des prochains Oscars (14 nominations !). Quant à la critique, elle a encensé cette comédie musicale et son metteur en scène en les couvrant de superlatifs. Un tel engouement impressionne, mais on peut cependant rester insensible à l’art et à la manière du cinéaste âgé de 32 ans.

Déluge de couleurs criardes, caméra qui virevolte, clichés en cascades, eau de rose et pathos, esthétisme toc échappé des années 80 : Damien Chazelle ne se refuse rien. Quelques références cinéphiliques (Vincente Minnelli, Jacques Demy…) décorent l’ensemble et se révèlent cruelles lorsque l’on compare La La Land à ses modèles.

Longue guimauve

Ici, on fait la connaissance de Mia et de Sebastian, deux jeunes gens qui ne vont pas tarder à tomber amoureux sous le ciel bleu de Los Angeles. Serveuse dans un bar, elle rêve de devenir actrice tandis que lui, pianiste de jazz, écume les petits clubs. Paradoxe : le film compte finalement assez peu de séquences de pure comédie musicale et les dialogues pompeux (longues tirades sur ce qu’est censé être le jazz, sur la tradition et la modernité, sur l’intégrité et le succès…) se succèdent.

Emma Stone a le charisme d’une palourde, Ryan Gosling écarquille des yeux pour jouer l’incompréhension. Le chanteur John Legend fait quelques apparitions sans intérêt. Était-il indispensable d’étirer cette guimauve sur plus de deux heures ? Si Luc Besson signait une comédie musicale, cela ressemblerait à La La Land. Et si on revoyait Chantons sous la pluie ?

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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4 commentaires

  • Sébastien dit :

    Votre analyse est très décevante, ça ressemble plus à un jugement personnel écrit rapidement pour faire un buzz et vos arguments manquent cruellement de vocabulaire.
    Il y a plusieurs points très importants du film abordés dans l’article qui méritent une analyse sérieuse mais vous êtes visiblement passé totalement à côté.
    Par exemple, les couleurs dominantes (dont celles des costumes) dont le travail est remarquable changent au fil des saisons selon l’état psychologique des personnages. (revoir les notions de base pour les analyses de films: le bleu, le jaune, le rouge et le vert).

    • C. Authier dit :

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      Bonjour Sébastien,

      Quelques remarques sur votre commentaire.
      « Ça ressemble plus à un jugement personnel » : le principe d’une critique est précisément d’émettre « un jugement personnel », donc subjectif.

      « Pour faire un buzz » : je ne me soucie d’aucun buzz, d’où mon absence de tous les réseaux sociaux et autres gazouillis électroniques destinés à alimenter ce genre de phénomène. En outre, il me semble que « faire du buzz » conviendrait mieux que « faire un buzz ».

      « Vos arguments manquent cruellement de vocabulaire » : un argument ne peut pas « manquer de vocabulaire ». Il peut être erroné, fallacieux, léger, pas étayé, tout ce que vous voulez, mais le « vocabulaire » utilisé, riche ou pauvre, n’entre pour rien dans la solidité d’un argument.

      Quant à l’utilisation des couleurs, j’avais saisi le procédé, assez éculé. Il est suffisamment grossier et répétitif pour ne pas échapper à l’attention d’un spectateur même distrait.

      Cordialement, Christian Authier

  • Pinka dit :

    Je dois admettre que j’affectionne beaucoup vos articles (notamment la chronique « Toulouse d’hier et d’aujourd’hui ») mais je vous trouve tout de même assez réac sur pas mal de sujets. Pourquoi se complaire à toujours dénigrer la nouveauté ? Il y a parfois du positif dans le changement et Toulouse fourmille de nouvelles perles rares.

    « C’était mieux avant » : oui, car nos souvenirs emplis d’émotions l’emportent bien souvent sur le présent mais qu’en sera-t-il dans 10 ans ? Vous regretterez cette même période que vous dénigrez aujourd’hui et vous vous rendrez compte que vous avez consacré plus de temps à vous soucier du passé qu’à vivre le bonheur présent.

    Votre critique de Lalaland est gratuite, peu argumentée et motivée par le fait que comme tout le monde est unanime sur ce film, vous préférez prendre le contre-pied pour affirmer que vous n’êtes pas comme tout le monde. Rendons à César ce qui est à César et admettons que Lalaland est un chef d’œuvre au même titre que Chantons sous la pluie à son époque ! A part vous faire passer pour un vieil ours mal léché cet article n’apporte rien de constructif.

    • C. Authier dit :

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      Bonjour « Pinka »,

      Merci pour vos lectures.

      Quelques remarques sur votre commentaire.

      D’abord sur La La Land.
      « Vous préférez prendre le contre-pied pour affirmer que vous n’êtes pas comme tout le monde » : en fait, j’ai vu ce film avec un a priori favorable car un ami critique, avec lequel j’ai de nombreux goûts en commun, m’en avait dit le plus grand bien. Je n’éprouve aucun plaisir particulier à « n’être pas comme tout le monde » (bien que l’unanimisme – si tant est qu’il existe à 100 % pour une oeuvre – ne soit pas non plus un garant de qualité ou de bon goût) et, au contraire, je me réjouis quand des films que j’ai aimés – comme certains de T. Malick, M. Scorsese ou C. Eastwood – sont appréciés par le grand public.

      Quant au reste : mieux avant, réac, etc.
      « Dénigrer la nouveauté » : il ne vous aura pas échappé en tant que lectrice de la chronique Toulouse…, que je célèbre aussi « de nouvelles perles rares » (comme des restaurants) ou que j’estime, par exemple, que la « nouvelle » Cinémathèque (maintenant âgée de 20 ans) est plus agréable et confortable que l’ancienne.

      Il y a parfois du positif dans le changement, comme vous le soulignez, et parfois aussi du négatif.

      Par ailleurs, la « nouveauté » (appelons-la « modernité ») me dénigre elle aussi de son côté et parfois violemment, par exemple en faisant disparaître des rues de la ville dans laquelle je vis des librairies, des cinémas, des petits cafés au profit d’enseignes interchangeables qui uniformisent le monde. Avec mes modestes moyens, je ne cesserai jamais de lui répondre.

      À propos de « c’était mieux avant » et « qu’en sera-t-il dans 10 ans ? Vous regretterez cette même période… », j’avais précisément écrit sur ce thème dans une précédente chronique, vous m’excuserez de me citer :
      « on est toujours un peu suspect lorsque l’on évoque avec regret des choses révolues à jamais. Les motifs d’inculpation – passéisme, archaïsme, nostalgie… – ne sont jamais loin et, avec eux, des accusations plus graves dont le péché de « C’était mieux avant » peut avoir valeur d’excommunication. Aux ravis qui ne jurent que par le présent et qui adulent par principe un futur dont ils ne savent rien, j’ai envie de dire que «c’était pas mieux avant», c’était mieux toujours.

      Évidemment, j’exagère, je galège. Mais pourquoi seuls ceux aimant ce qui n’est plus seraient l’objet de moqueries ? En quoi « ce sera mieux demain » est-il moins ridicule que «c’était mieux avant» ? Qu’ils se méfient cependant les modernistes et les dévots du « ce sera mieux demain ». Il n’est pas impossible, qu’à leur tour, dans quelques années, gagnés par la maturité, la fatigue liée à l’obsolescence programmée et la disparition de tout ce qui nous entoure, ils cèdent à la tentation du souvenir et de la nostalgie. Ils se souviendront alors avec émotion du premier Starbucks à Toulouse ou de la boutique où ils avaient acheté leur iPhone 12. »

      Cordialement, CA


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