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Ed Motta : soul et jazz venus du Brésil

03 Mai Publié par dans Jazz, Musique | Commentaires

Le brillant chanteur et compositeur carioca revient avec un album mêlant soul, musique californienne et jazz.

Moins connu chez nous que ses compatriotes et aînés Gilberto Gil, Caetano Veloso ou Milton Nascimento, Ed Motta (né en 1971 à Rio) est pourtant l’un des artistes brésiliens les plus passionnants, un pionnier qui – dans le sillage de son oncle Tim Maia – n’a pas hésité à marier ses racines (Musique Populaire Brésilienne, bossa nova, tropicalisme…) à la soul, au funk, au jazz, à la pop dans un brillant mélange de styles… Influencé par Stevie Wonder, Earth, Wind & Fire, Steely Dan (mais aussi par Debussy et Poulenc pour ses compositions instrumentales), Motta – compositeur, multi-instrumentiste, chanteur, arrangeur et producteur – vient de sortir son douzième album studio, un peu plus de deux ans après le superbe AOR (acronyme d’«Adult Oriented Rock» en référence à la pop de la côte ouest américaine dont Michael Franks, Christopher Cross ou Donald Fagen sont les fleurons).

Ed Motta

Avec Perpetual Gateways, il propose un album de dix titres divisé en deux temps, telles les deux faces d’un trente-trois tours. Les cinq premières chansons plongent dans un groove soyeux très californien servi par des arrangements aussi sophistiqués qu’efficaces tandis que les cinq suivantes sont résolument plus acoustiques et jazz, brillantes dans l’épure (Forgotten Nickname) comme dans les orchestrations foisonnantes de cuivres et d’harmonies vocales (A Town in Flames).

En concert à Marciac

Pour ce nouvel opus, enregistré en Californie sous la houlette du producteur Kamau Kenyatta, Ed Motta s’est adjoint les services de brillants musiciens, à l’instar de la pianiste et chanteuse Patrice Rushen (à qui l’on doit le tube Forget Me Nots), du claviériste Greg Phillinganes (qui fit notamment les riches heures de Michael Jackson, Al Jarreau ou Toto), du légendaire flûtiste de jazz Hubert Laws ou du batteur Marvin «Smitty» Smith. Par ailleurs, la voix chaude du «colosse de Rio» fait merveille autant dans les envolées swing que dans le registre du crooner.

Charriant dans son sillage une culture musicale gigantesque et sans œillères, celui qui enregistra son premier album à l’âge de dix-sept ans ne tombe jamais dans le piège de la parodie ni du pastiche (dont il se moque dans Heritage Déjà Vu), mais reconnaît ce qu’il doit à ses maîtres. Enfin, pour ne rien gâcher, le carioca est un grand francophile : admirateur du groupe Magma, de Jacques Tati, de la gastronomie et des vins de l’hexagone – avec une prédilection pour les vins naturels. On pourra d’ailleurs le voir en concert en France le 16 juillet au New Morning à Paris et le 7 août à Marciac.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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