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La Fanciulla del West, le premier western dans le monde de l’opéra

02 Mai Publié par dans Cinéma, Opéra | Commentaires

Ce sera le mardi 10 mai au CGR Blagnac à 20h, en direct de la Scala de Milan.

Le grand chef italien Riccardo Chailly mène la production du metteur en scène Graham Vick de cet opéra de Giacomo Puccini, créé à New-York le 10 décembre 1910 sur une commande du Metropolitan Opera. L’engouement fit quadrupler et plus le prix des billets au marché noir. Ce fut un des événements les plus spectaculaires dans les annales du Met. Cinquante-deux rappels à la fin de la première à laquelle le compositeur assistait !!

Riccardo Chailly

Presque au lendemain de la ruée vers l’or en Californie, et au début du cinéma muet, l’Amérique veut son opéra de cow-boy. La bonne idée viendra de proposer au compositeur, venu spécialement à New-York pour la première de son opéra exotique et si bouleversant Madame Butterfly, de composer une œuvre typique pour le peuple américain. Puccini adhère à cette proposition.

Le point de départ sera une pièce se “taillant“ alors un franc succès, The Girl of the Golden West de son auteur David Belasco, créée en 1905. « un drame sentimental  populaire…sur fond vaste et sombre de personnages primitifs et de nature à l’état pur » dixit Belasco, voilà tout à fait ce qui correspond aux desideratas du maître venu d’Italie. Le livret est écrit par Guelfo Civinini et Carlo Zangarini. Si l’on ajoute que c’est le chef en vogue Arturo Toscanini qui dirige la première avec Emmy Destinn en Minnie du Far West, et l’“immensissime“ Caruso dans le rôle du bandit au cœur noble Dick Johnson, le Robin des bois du Far West, son amoureux, on comprend mieux le succès immédiat.

La Fanciulla del West

En quelques mots, c’est l’histoire, banale en opéra, des amours d’un ténor pour une soprano et vice-versa, perturbés par un …baryton, une intrigue simple et directe. Mais ici, le baryton est un shérif qui joue au poker le sort du ténor qu’il a fait prisonnier. C’est un vilain à la Scarpia, vaurien dissolu, qui occupe une position similaire à celle du chef de la police romaine. Mais, tout de même, homme d’honneur. La fille du Far West, Minnie, est un mélange de garçon manqué, de barmaid idéale et d’ange pur, maniant le pistolet avec autant d’aisance qu’elle sert le whisky. Tenancière du Polka Bar, elle n’hésite pas à tricher dans la partie de cartes en face du shérif pour sauver  son amant, et son honneur. Elle parviendra même à écarter son amoureux d’un lynchage et tous deux disparaîtront au loin, après avoir fait leurs adieux : « Addio, ma dolce terra… », une scène finale traduite par un tableau très frappant, saisissant. Tout se termine heureusement par le triomphe de la vertu sur le vice et de l’amour pur et sincère sur la luxure, conformément à cette moralité naïve qui subsiste encore dans un certain genre de films d’outre-Atlantique.

Marcelo Alvarez

Marcelo Alvarez

Dans des décors et costumes de Paul Brown, vont évoluer trois grandes voix, indispensables, qui sont au rendez-vous. Minnie, c’est la soprano Eva Maria Westbroek. Elle a tout ce qu’il faut pour chanter et jouer : voix, physique et tempérament. Son amoureux, ce brigand qui va connaître la rédemption par l’amour, c’est le ténor Marcelo Alvarez que les habitués du Capitole connaissent bien, et le shérif, un baryton en pleine forme en ce moment, Claudio Sgura.

Eva Maria Westbroek

Eva Maria Westbroek 

Les trois personnages principaux sont entourés dans le livret original, d’une foule bigarrée de chercheurs d’or, racaille représentant des types divers d’une humanité grossière. Ils peuvent facilement verser quelques larmes sentimentales  et tout aussi facilement, l’instant d’après, pendre un homme à l’arbre le plus proche sans être convaincu de sa culpabilité. On remarquera la distribution vocale qui met l’accent sur l’atmosphère masculine de l’ensemble. Sur dix-huit chanteurs, seize sont des hommes, et parmi eux on compte dix basses et barytons. Le chœur est exclusivement masculin, toujours traité à l’unisson ou à l’octave afin de rendre le caractère frustre des chercheurs d’or. Enfin, l’interpénétration étroite de l’action et de la musique fait de cette partition une des plus captivantes parmi celles des opéras de Puccini.

Et c’est parti pour 140 minutes plus l’entracte.

Michel Grialou

fille du Far WestAll’Opéra
La Fille du Far-West (Puccini)
Scala de Milan

mardi 10 mai 2016 à 20h00

Diffusé en direct dans votre cinéma Mega CGR Blagnac

 

 

 

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