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Un Hitchcock méconnu

26 Avr Publié par dans CD / DVD, Cinéma | Commentaires

Dernier film de la période anglaise du cinéaste, La Taverne de la Jamaïque mérite d’être redécouvert à l’occasion de sa réédition en Blu-ray et DVD.

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Que ce film réalisé en 1939 soit une œuvre mineure et une œuvre de transition (avant le départ d’Alfred Hitchcock pour Hollywood), c’est incontestable, mais cela n’empêche pas de prendre un réel plaisir à sa découverte ou sa redécouverte dans une version restaurée. La Taverne de la Jamaïque est l’un des rares films «en costumes» du cinéaste anglais et il adaptait ici pour la première fois la romancière Daphné du Maurier dont il portera à l’écran l’année suivante Rebecca et bien plus tard Les Oiseaux.

Cornouailles, début du XIXème siècle, une bande de détrousseurs pille les bateaux qui viennent s’échouer sur les côtes et tue les naufragés. Un juge respecté, Sir Pengallan, commandite les piratages de la bande installée dans la «Taverne de la Jamaïque». C’est dans cet antre malfamé que se réfugie une jeune fille qui vient trouver secours auprès de sa tante après le décès de sa mère…

407280.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxLa Taverne de la Jamaïque vaut d’abord pour ses interprètes. Maureen O’Hara (tout juste dix-neuf ans, décédée en octobre dernier à l’âge de 95 ans) y fait ses premiers pas sous la férule de son mentor, Charles Laughton, producteur et acteur principal du film qui campe un personnage aussi retors que sadique dont la ressemblance physique avec Alfred Hitchcock est troublante. Ce dernier, sans doute peu stimulé par un scénario assez convenu et au suspense limité, signe cependant quelques scènes remarquables, notamment celle d’ouverture où l’attaque du bateau est aussi spectaculaire que sauvage.

Le cinéaste utilise également les décors (le film est entièrement tourné en studio) avec maestria : de la somptueuse demeure du juge à la taverne, deux théâtres très différents, mais propices au mensonge et à la manipulation. De son côté, Charles Laughton s’octroie le «beau» rôle : celui d’un démiurge maléfique qui reste maître jusqu’au bout de son destin.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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