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Fargo saison 2

22 Avr Publié par dans CD / DVD, Séries | Commentaires

La première saison de Fargo, créé par l’écrivain Noah Hawley et très librement inspiré du film éponyme des frères Coen, fut un éblouissement tant par la mise en scène, la narration que l’interprétation. Construite, comme True Detective, sur le principe de «l’anthologie», la série revient donc avec une deuxième saison présentant une nouvelle histoire et de nouveaux personnages (sauf un).

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Plus précisément, elle développe un événement évoqué dans la première saison et qui eût lieu vingt-cinq ans plus tôt à Sioux Falls dans le Dakota du Sud. C’est entre cette petite ville, la bourgade de Luverne dans le Minnesota voisin et Fargo dans la Dakota du Nord que va se dérouler en 1979 une avalanche de meurtres (souvent provoqués par de malheureux concours de circonstances) et de règlements de comptes mettant aux prises une famille de gangsters, la mafia de Kansas City ainsi qu’un jeune couple entraîné presque malgré lui (ou à cause de sa candeur teintée de crétinerie). Un policier (ancien du Vietnam), dont la femme est atteinte d’un cancer, et son beau-père, shérif, comptent les coups et tentent de mettre fin au jeu de massacre. Si l’effet de surprise (divine) qui accompagna la première saison n’est plus au rendez-vous, la deuxième ne déçoit jamais.

348838.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUne fois de plus, un casting éblouissant est réuni : Patrick Wilson, Kirsten Dunst, Ted Danson, Jesse Plemons, Jean Smart… Surtout, Fargo saisit (de la même façon que No Country for Old Men des Coen) le basculement d’une époque. Ronald Reagan, que l’on voit faire campagne dans cette Amérique profonde, va arriver au pouvoir sur fond de crise pétrolière et de traumatisme post-Vietnam.

L’individualisme est porté au pinacle, la loi du plus fort est exaltée, les valeurs morales s’érodent, l’argent et la violence priment sur tout, le pays est rongé de l’intérieur… Avec beaucoup d’humour noir et une douce mélancolie, Noah Hawley nous livre une œuvre désenchantée, mais jubilatoire.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

 

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