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Paradis perdus

10 Avr Publié par dans Danse | Comments

Après un début de saison très « répertoire » particulièrement réussi avec Giselle et Coppélia, Kader Belarbi nous invite à changer radicalement d’univers dans ce lieu si particulier qu’est l’Auditorium de Saint Pierre des Cuisines.

pas-perdus_david-herreroIl nous propose à cette occasion une entrée au répertoire et deux créations mondiales, avec le jeune chorégraphe espagnol Ángel Rodriguez comme invité.

C’est en 1997 que Kader Belarbi crée pour quatre danseurs de l’Opéra de Paris la pièce Salle des Pas perdus.

Ce ballet, inspiré par un poème de Louis Aragon, sur une musique de Serge Prokofiev, veut, selon le chorégraphe, montrer « une humanité en panne » à travers ces quatre personnages qui traînent leurs valises et leurs souvenirs tout au long de la pièce.

Pour cette entrée au répertoire du Ballet du Capitole, Kader Belarbi a, comme pour toute reprise avec de nouveaux danseurs, revu ce ballet, dix-neuf ans après, en tenant compte de la personnalité des nouveaux interprètes.

Pour la création mondiale de Mur-Mur, le chorégraphe a choisi de créer une pièce pour un ensemble uniquement masculin, sur Les Chants de prison de Luigi Dallapiccola, composés entre 1938 et 1941. Dans un univers de confinement, Kader Belarbi nous fait le récit de corps « détenus » qui veulent exprimer, à travers ces « chants », « la condition humaine dans sa vérité éternelle ».

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L’autre création mondiale est l’œuvre du chorégraphe espagnol Ángel Rodriguez. Thousand of Thoughts (Des milliers de pensées) a pour point de départ un épisode inique de la fin de la guerre d’Espagne. Treize jeunes filles et jeunes femmes madrilènes, les Treize roses, furent arrêtées, torturées, sommairement jugées et fusillées dès la sentence prononcée. Sur une musique du compositeur contemporain Francis Bryars, Les Fiançailles, le chorégraphe évoque, dans ce ballet uniquement féminin, la figure de ces femmes soumises à la barbarie et à une pression psychologique extrême.

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Ces deux dernières créations ont été spécialement conçues pour cet endroit chargé d’histoire qu’est l’Auditorium de Saint Pierre des Cuisines. S’il a déjà accueilli la compagnie lors de démonstrations et autres rencontres, c’est la première fois qu’un spectacle du Ballet du Capitole y est programmé.

La beauté de ce lieu sera un écrin prestigieux pour ces trois œuvres qui nous parlent d’enfermement, de solitudes mais aussi d’humanité.

Annie Rodriguez
Une chronique de ClassicToulouse

Paradis PerdusBallet du Capitole

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