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Des débuts prometteurs

01 Avr Publié par dans Littérature | Comments

La réédition du premier roman de Jérôme Leroy, L’Orange de Malte, nous rappelle que les écrivains ne trahissent pas toujours leurs promesses.

Jérôme Leroy

«Néo-hussard», «Néo-nouveau hussard», «nouveau hussard» ou «grande tradition des hussards» ? À l’époque de la sortie du premier roman de Jérôme Leroy (1990), certains critiques n’hésitaient pas à se lancer dans des querelles byzantines pour établir le pedigree ce nouveau venu de vingt-cinq ans. Il faut dire que le jeune Leroy ne cachait pas ses références ni ses préférences. Son héros, Kléber (comme Kléber Haedens), est sur les traces d’un écrivain des années cinquante auquel il veut consacrer un essai : Le Hussard oublié. Sans surprise, Nimier, Blondin, Déon, Mohrt, Frank, Chardonne, Morand, Fraigneau et d’autres sont convoqués ici. Non, plutôt invités, car Jérôme Leroy n’enrôle personne. Il feuillette de manière douce et ferme des années de lectures, de rêveries, de compagnonnages qui rendent l’existence un peu moins triste. S’il ne s’était agi que d’un exercice de style, un pastiche, un numéro de chien savant, nous n’aurions plus entendu parler de ce Leroy publié alors aux éditions du Rocher par Jean-Paul Bertrand qui publia aussi les premiers livres de Michel Houellebecq et de Philippe Delerm, pour ne citer qu’eux.

leroyDepuis, on a pu lire de lui une vingtaine de titres parmi lesquels des romans d’anticipation aux accents orwelliens, des recueils de poésie, des nouvelles, des romans noirs, une physiologie très personnelle des lunettes noires, des hommages à Frédéric H. Fajardie, des livres pour la jeunesse, d’autres choses encore comme les récents Jugan etLoin devant ! Le fil rouge ? Un style et une sensibilité. Bref, un écrivain. Au commencement, il y eût donc L’Orange de Malte (titre auquel Stendhal avait songé pour Lucien Leuwen) que l’on peut lire ou relire dans sa fraîcheur, son innocence et sa gravité – toutes intactes. On serait tenté de dire «Vive Leroy !», mais nous avons dû déjà céder à cette facilité dans le passé et l’on se rend compte qu’Eric Neuhoff avait choisi ce titre en chroniquant à sa sortie L’Orange de Malte (texte reproduit avec quelques autres dans les annexes). Alors, on dit «Merci Jérôme».

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

L’Orange de Malte, La Thébaïde, 190 p.

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