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Connaissez-vous… Lucky You de Curtis Hanson

30 Mar Publié par dans Cinéma | Commentaires

Chaque mercredi, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir un film américain passé inaperçu lors de sa sortie. 

2003 à Las Vegas, Huck Cheever, joueur professionnel de poker, passe de table en table, gagne et perd gros. Entre deux parties, il fait des paris avec des amis puis retrouve sa villa, délestée de tout meuble et aussi vide que sa vie sentimentale. Jusqu’à ce que notre flambeur trentenaire croise la route de Billie Offer, jeune femme naïve débarquant à Vegas pour devenir chanteuse.

Lucky (1)

Alors que le championnat du monde de poker se profile, Huck retrouve son père L.C., double lauréat du titre, avec lequel il est en froid car, pour les cartes, L.C. abandonna femme et enfant. Entre le cœur de Billie, l’amour du jeu et ses règlements de comptes familiaux, Huck va connaître quelques jours agités… De prime abord, on pouvait craindre que Lucky You ne soit qu’un produit surfant sur la mode du poker avec scènes d’arnaques et de bluff à la clé.

Cependant, la présence de Curtis Hanson derrière la caméra est un gage rassurant et son dernier film confirme une fois de plus le talent de ce digne héritier des artisans du grand Hollywood. Modeste et consciencieux, il se met au service de son sujet et sa mise en scène, aussi simple qu’efficace, s’adapte autant au film noir (Faux témoin, Bad Influence, L.A. Confidential) qu’au drame social (8 Miles) ou à la comédie de mœurs (In Her Shoes). C’est d’ailleurs à ce registre et au ton doux-amer de l’excellent In Her Shoes que se rattache Lucky You.

Tout en remplissant le cahier des charges (romance ponctuée de séparations entre Huck et Billie, opposition père / fils, description du monde du poker), cette comédie distille joliment une petite musique mélancolique autour de la solitude et de la vieillesse. Par ailleurs, Curtis Hanson réussit à déjouer en partie les conventions, notamment lors de la finale du championnat où le père affronte bien sûr le fils. Mais c’est du côté de l’interprétation que Lucky You surprend. Après Hulk, Troie ou Munich, où il promenait son inexpressivité avec une constance désespérante, Eric Bana montrait enfin qu’il n’était pas seulement une masse de muscles. De son côté, Drew Barrymore est parfaite dans son rôle de gourde provinciale au cœur en or.

Enfin, Robert Duvall incarne magnifiquement ce vieux champion qui sent que la vie est derrière lui. Tout est en place dans ce divertissement de belle facture. Au passage on nous offre une chanson originale de Bob Dylan (Huck’s tune), une apparition de la chanteuse de jazz Madeleine Peyroux ou encore une scène formidable avec Robert Downey Jr. Au final, Lucky You nous souffle une sage morale : l’argent et la victoire ne font pas le bonheur, donner est plus beau que recevoir. Rien de révolutionnaire. Juste un bon film qui rafle la mise.

Christian Authier

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