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Un film militant et…troublant

14 Mar Publié par dans Cinéma | Comments

« Au nom de ma fille », un film de Vincent Garenq

Ce réalisateur s’est fait une spécialité dans les films retraçant des enquêtes judiciaires récentes. Ainsi, il signe en 2011 Présumé coupable (affaire d’Outreau) et en 2013 L’enquête (affaire Clearstream).

auteuil

Cette fois le sujet est la traque qu’André Bamberski va mener pendant près de 30 ans afin de faire condamner le présumé assassin de sa fille Kalinka. Résumé de l’histoire.  En juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille âgé de 16 ans, alors en vacances en Allemagne avec  sa mère et l’amant de celle-ci, le docteur Dieter Krombach. Sur les lieux, une enquête menée derechef conclut à une intolérance au médicament que lui a injecté Krombach pour la faire bronzer rapidement. Enterrement. Mais Bamberski a des doutes sur cette autopsie. Exhumation du corps. Nouvelle autopsie. Stupeur, l’appareil urogénital a disparu. Très rapidement, Bamberski comprend que les justices allemande, française et autrichienne tiennent à ne pas se marcher sur les pieds et font bloc, malgré la condamnation par contumace de Krombach en 1995. De pourvoi en cassation en appel auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme, le calvaire de Bamberski continue, l’Allemagne refusant d’extrader son ressortissant pourtant sous le coup d’autres procès pour viol sur mineures après injection  de somnifères.

au nom de ma filleLes chancelleries font le dos rond, pariant sur l’abandon de Bamberski. C’est mal le connaître. Il va faire enlever Krombach et le livrer à la justice française mise  ainsi devant ses responsabilités. En 2014, Krombach est condamné enfin à 15 ans de prison. C’est tout cela que raconte ce film, de manière très clinique, sans la moindre once de romanesque, mais aussi sans trop creuser les personnages, sinon à donner parfois à voir des facettes de Bamberski assez déroutantes. Le jeu très stéréotypé des  comédiens, Daniel Auteuil (Bamberski) en tête, achève d’enfoncer ce film dans un académisme qui confine au pathétique. Pourtant le réalisateur avait là, si ce ne sont des comédiens, du moins un sujet en creux sur la Justice internationale assez détonnant !

Robert Pénavayre

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