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Room ou le monde derrière la porte

10 Mar Publié par dans Cinéma | Commentaires

Un enfant de cinq ans découvre le monde après avoir été séquestré depuis sa naissance dans une pièce avec sa mère.

Room

Jack a cinq ans et de très longs cheveux qui lui donnent l’allure d’une fillette. Il vit avec sa jeune mère, Joy, dans un cabanon transformé en cellule. Un écran de télévision et un vasistas avec vue sur le ciel sont les seules fenêtres dans cette réclusion parfois interrompue par l’homme qui les séquestre. Ce point de départ évoque des fait-divers tristement célèbres, mais dans son roman Room devenu un best-seller international, l’Irlandaise Emma Donoghue – qui a signé le scénario de la version cinématographique – n’a pas voulu transposer une histoire réelle. Le propos est plutôt celui du retour à la vie des reclus et de la découverte du monde par un enfant qui n’en connaissait rien ou presque.

Paradoxalement, et c’est l’une des originalités de Room, le plus dur commence pour les protagonistes avec la liberté retrouvée. Passées la joie et l’émotion des retrouvailles, des tensions naissent avec les parents de Joy. Les médias s’en mêlent. Pourquoi Joy n’a-t-elle pas demandé à son ravisseur de libérer l’enfant qu’il lui avait fait à sa naissance ? N’aurait-il pas eu une enfance plus «normale» séparé de sa mère ? Le film de Lenny Abrahamson, cinéaste irlandais célèbre dans son pays pour Garage et What Richard Did avant de réaliser Frank, avec Michael Fassbender et Maggie Gyllenhaal, qui eût un écho international en 2014, évite les écueils du sordide et du pathos chassés par l’innocence de l’enfance. Brie Larson joue très juste (elle vient d’ailleurs d’obtenir l’Oscar de la meilleure interprète féminine), le petit Jacob Tremblay est étonnant. Rien de spectaculaire ou de grandiloquent ici, mais une petite musique pleine d’espérance.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

 

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