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Philippe Léogé et le Big Band Garonne : les folles soirées de Luchon…et d’ailleurs

01 Mar Publié par dans Jazz | Commentaires

C’est déjà le printemps à Luchon.

Vivante en toutes saisons, elle accueille volontiers, à côté des curistes et des amateurs de montagne, ces musiciens de qualité, tout comme le Festival du Film de Télévision dont j’ai parlé précédemment ici (pour les amateurs de belles lettres, dont je fais aussi partie, il manque cependant des lectures de Poésie dans la ville où l’un de nos plus grands poètes, du XIX° siècle, Edmond Rostand, passa une partie de son enfance puis de son adolescence, et y écrivit un de ses chef-d’oeuvres, les Musardises; espérons que cela se concrétise).

Philippe Léogé (1), qu’on ne présente plus et qui fait voguer son piano au quatre coins du monde, y est un peu chez lui ; il y sera bientôt à demeure et il a bien raison.

En attendant, il a choisi la reine des Pyrénées pour relancer son Big Band Garonne, avec quelques pointures selon son cœur : en résidence au Casino, ils débuteront avec le concert de demain soir (2) la tournée de printemps de cette version funk, bientôt enregistrée.

Philippe Léogé, direction et claviers, Nicolas Gardeil, Tony Amouroux, Cyril Latour, trompettes, Rémi Vidal, Christophe Allaux, Olivier Lachurie, trombones, Christophe Mouly, Samuel Dumont, Jean Michel Cabrol, David Cayrou, saxophones, Cyril Amourette, guitar, Pascal Selma, basse, Florent Tysseyre, percussions, Fabien Tournier, batterie, FrédérikA, chant. Excusez du peu !

Ce nouveau programme original a été présenté à Odyssud Blagnac à l’occasion du festival « Jazz sur son 31 », en octobre 2015.

Dans la continuité du Big Band 31 qu’il dirige aussi, Garonne est un grand orchestre de jazz de 16 musiciens qui se donne comme port d’attache Toulouse. Composé d’excellents solistes, il s’affirme comme une fabuleuse machine, avec une rythmique vigoureuse et un son puissant. Avec Philippe Léogé, il se positionne fermement sur l’échiquier des grandes formations de jazz d’aujourd’hui et ambitionne de porter au plan national et international un jazz aux couleurs teintées de briques roses de Toulouse.

Photo © Christophe Ferrer

Photo © Christophe Ferrer

Et ça swingue grave dans la salle Henri Pac, encore vibrante du festival de cinéma de Luchon, où ils répètent. On pense à quelques étoiles du Jazz Funk, Tower of Power ou Blood, Sweat and Tears.

Après les répétitions, ils vont « faire le bœuf » (3), comme ils disent, dans un lieu où la convivialité est bien arrosée :  les Galeries Gourmandes, les GaGo comme l’on dit ici, sous l’œil gourmand de quelques amateurs éclairés, dont Manu Lazaro, une personnalité tutélaire des Allées d’Etigny. Mais aussi de Michel Bouvard, grand organiste devant l’éternel, longtemps directeur artistique du Festival Toulouse les Orgues ; sans oublier son épouse Yasuko, claveciniste, dont on ne se lasse pas de déguster le dernier enregistrement avec Jean-Marc Andrieu et Laurent Le Chenadec, Les petits plaisirs du Seicento, (4) et Jean-Pierre Canihac des Sacqueboutiers (5) de Toulouse (qui ont partagé avec Léogé la belle aventure du Jazz et de la Pavane).

Duke Ellington est à l’honneur avec ce Blues en Fa, Things ain’t what they used to be et Take the A train, plus Body and soul.

La complicité entre les musiciens fait plaisir à voir, leurs regards complices et leurs échanges de chorus sont réjouissants, toujours sur le fil du swing. Et pour un peu l’on se croirait dans un des meilleurs club de Jazz de Paris ou de New York, le Duc des Lombards ou le Village Vanguard justement où le Duke avait ses quartiers.

Nul doute que le concert de demain va faire briller la cité thermale de tous ses feux.

Je sais bien qu’il ne fait pas trop froid cet hiver, question météo (pour ce qui est l’état du monde, c’est une autre histoire), mais ne les ratez surtout pas, si vous aimez la musique qui réchauffe le corps et le cœur : ils seront le 21 mai au Festival de Jazz à Lavelanet et le 21 juin dans la cour du Conseil départemental de la Haute Garonne, pour la Fête de la Musique et le lancement du Festival Jazz sur son 31.

Le Big Band Garonne, comme dirait Nougaro

Moi mon Océan
C’est une Garonne
Qui s’écoule comme
Un tapis roulant…

Un berceau de roc
Pour un filet d’eau
Trois syllabes d’oc
Et vogue le flot

C’est une Garonne

Moi ma mer Égée
C’est ce fleuve lisse
Dont je suis l’Ulysse
Sans exagérer

C’est une Garonne

E.Fabre-Maigné

1-III-2016

Pour en savoir plus:

1)    http://www.philippe-leoge.com/

2)   Concert le mercredi 2 mars (21h) à la Salle Henri Pac du Casino de Luchon (10€)

3)   en souvenir du cabaret parisien « Le bœuf sur le toit ». Vers 1925, des chanteurs comme Mouloudji ou Léo Ferré y firent leurs premiers pas et ce fut également un des premiers lieux où le jazz américain fit son apparition en France. Autant dire que les « jam sessions » y étaient fréquentes.

4)   www.dukeellington.com/ http://www.les-passions.fr

5)   http://les-sacqueboutiers.com/

Leur dernier opus, Reis glorios, qui ressuscite les échanges féconds entre musiciens occitans et arabo-andalous, au temps des Troubadours, est aussi un régal.

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