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Il revient et il n’est pas content…

25 Fév Publié par dans Cinéma | Comments

Dans « The Revenant », le réalisateur de « Birdman » filme Leonardo DiCaprio en trappeur laissé pour mort et vindicatif au cœur d’un Ouest sauvage. Long et lourdingue.

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Décidément, Hollywood redécouvre la neige. Après les plaines enneigées et soumises au blizzard du Wyoming où Tarantino a planté le décor de son boursouflé Les Huit Salopards, c’est au tour d’Alejandro González Iñárritu qui filme des contrées hostiles du Dakota du Sud recouvertes de poudre blanche. Nous sommes en 1823 et une troupe de trappeurs faisant commerce de fourrures est décimée par des Sioux. Une trentaine de cadavres plus tard, un petit groupe de survivants s’enfuit en bateau et se terre dans les forêts. Des tensions surgissent, en particulier entre Fitzgerald (Tom Hardy) et Glass (DiCaprio) accompagné par son fils qu’il eût avec une Indienne. Parti chasser du gibier, Glass est sauvagement attaqué par un grizzly. Les trappeurs se séparent en deux groupes : l’un chargé de rejoindre le village où ils sont installés, l’autre chargé de prendre soin du blessé. Laissé pour mort et quasiment enterré vivant par ceux censés le protéger, Glass va néanmoins survivre et «le revenant» est décidé à se venger…

Une délivrance de dix minutes

the revenant2Si le début de The Revenant est assez bluffant, grâce à la superbe photographie d’Emmanuel Lubezki et à la scène d’attaque du camp des trappeurs, le film s’enfonce ensuite rapidement dans une suite de péripéties attendues. Ainsi, le retour à la vie du laissé pour mort ne surprend guère dans ses étapes : cautériser les plaies, manger des racines, boire l’eau des rivières, faire du feu avec des silex, pêcher du poisson, chasser… Iñárritu a beau ajouter dans cette mixture de méchants trappeurs français et d’autres Indiens à la recherche de l’une d’entre eux, cela lambine sec.

Le réalisateur de 21 grammes et Babel se regarde filmer comme un culturiste se regarde dans un miroir. Ne suis-je pas le plus beau, le plus musclé, le plus fort ? Certes, les plans séquences sont moins lourdingues que dans l’insupportable Birdman, mais la caméra virevolte toujours, use et abuse de prises de vues à 360 degrés. Quant à la dimension survivaliste du film, elle a été incarnée à l’écran tellement de fois avec plus de force et d’économie de moyens (on ne citera que le génial Délivrance de John Boorman) que les séquences extrêmes de The Revenant n’impressionneront que les amateurs de Koh-Lanta. Par ailleurs, est-il besoin de dévoiler l’issue de l’affrontement final entre le gentil et le méchant ? Non, même pas. On saura gré toutefois au cinéaste de son générique de fin de dix minutes (un record ?). Cela ramène la durée réelle du film à 2h26mn. Certes, c’est encore beaucoup trop long, mais c’est toujours ça de gagné.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

The Revenant de Alejandro González Iñárritu avec Leonardo DiCaprio. Durée : 2h36

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