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La Cenerentola, le Cendrillon de Rossini au CGR Blagnac, en direct de l’Opéra de Rome. Enfer et déraison au programme.

07 Jan Publié par dans Cinéma, Opéra | Comments

Ce sera au CGR Blagnac, vendredi 22 janvier à 20h, en direct du Théâtre-Opéra de Rome. Rossini a 25 ans lorsqu’il compose ce dramma giocoso en deux actes. Il jouit déjà d’une brillante renommée en Europe. Jacopo Ferretti, le librettiste, choisit de s’inspirer du conte de Cendrillon écrit par Charles Perrault, moins cruel que la version des frères Grimm. Il rédige le livret en vingt-deux jours et Rossini compose la musique en vingt-quatre seulement, grâce à l’utilisation de morceaux de partitions, simplement deux !! de certains de ses opéras précédents (dont La Gazzetta pour l’ouverture). Tout ce qui est composé par un de ses collaborateurs, un certain Luca Agolini, sera remplacé par ses soins.

La Cenerentola 1

C’est le vingtième des quarante opéras, remaniements compris qui composent le catalogue du “grand panda fainéant“. La Cenerentola n’est pas pour autant équidistante, en termes chronologiques, du début et du terme de la production du compositeur de Pesaro. Avec cette œuvre écrite pour la saison du Carnaval, en effet, le soir du 25 janvier 1817, au Teatro Valle de Rome, Rossini prenait pratiquement congé de l’opéra-bouffe, un peu plus de six ans après ses débuts au San Moisè de Venise avec La Cambiale del matrimonio. Tous comptes faits, la grandiose explosion de l’opera buffa rossinien, si on se limite aux quatre chefs-d’œuvre, partant de l’Italienne à Alger, de mai 1813, et passant par Le Turc en Italie, de 1814, et le Barbier de Séville de 1816, n’occupe que moins de quatre ans. Le bilan de cette courte période est pourtant parmi les plus surprenantes de toute l’histoire de notre culture – et son impact fut tel qu’aux yeux de la postérité, Rossini finit par passer presqu’exclusivement pour un auteur d’opéras bouffes. Dans le deuxième acte, vous repèrerez un sextuor qui est un sommet absolu de l’opéra bouffe rossinien.

Alejo Perez

Alejo Pérez (direction)

Distribution :

Chef d’orchestre : Alejo Pérez
Metteur en scène : Emma Dante

Chef de chœur : Roberto Gabiani

Décors : Carmine Maringola
Costumes : Vanessa Sannino
Lumières : Cristian Zucaro

Mouvement chorégraphique : Manuela Lo Sicco

L’orchestre et les Chœurs du Théâtre-Opéra de Rome

Don Ramiro, le prince : Juan Francisco Gatell – ténor
Dandini, le valet attitré : Vito Priante – basse
don Magnifico, le père et parâtre : Alessandro Corbelli – basse-bouffe
Clorinda, l’une des deux sœurs : Damiana Mizzi – soprano

Tisbe, l’autre, aussi “cruche“ que sa sœur : Annunziata Vestri – mezzo
Angelina, la sœur aînée cachée par le père, et mère décédée, souffre-douleur de toute la famille, reléguée au rang de domestique corvéable à merci : Serena Malfi – mezzo ou contralto
Alidoro, le philosophe-précepteur remplaçant la fée : Marko Mimica – basse

Emma Dante

Emma Dante (mise en scène)

ACTE I Don Magnifico est un homme qui a connu quelques revers de fortune. Il a deux filles, Clorinda et Tisbe, qui s’affairent en permanence à leur toilette tandis qu’Angelina (dite Cenerentola), sa belle-fille, est employée comme domestique dans la maison. Le prince, Don Ramiro, doit se marier par décret royal. Alidoro, le précepteur du prince, décide alors de l’aider à trouver une épouse. Son idée est de se faire passer pour un mendiant pour évaluer ainsi plus facilement l’accueil que lui réservent les prétendantes du royaume. Sous ses apparences de mendiant, Alidoro se fait jeter avec rudesse par Clorinda et Tisbe tandis que Cenerentola lui apporte assistance. Arrive alors le prince qui porte le costume de son valet, Dandini, pour inviter les jeunes filles au bal. Don Ramiro déguisé et Cenerentola tombent instantanément amoureux. Au bal, le prince et son valet échangent toujours leurs rôles. Le faux prince est donc courtisé à la fois par Clorinda et Tisbe qui méprisent le faux valet.

ACTE II Lors du banquet, Dandini, tombé sous les charmes de Cenerentola, lui propose de l’épouser. Elle refuse, déclarant au faux prince qu’elle est déjà amoureuse de celui qu’elle croit être son valet. Le vrai prince l’entend et la demande à son tour en mariage. Cenerentola lui donne alors un de ses deux bracelets, l’invitant à la retrouver. Entre-temps, son beau-père don Magnifico presse Dandini (le valet déguisé en prince) de révéler son choix. Celui-ci dévoile son identité et la famille quitte le bal, furieuse. Plus tard, le prince, sous sa véritable apparence cette fois, et son valet se présentent chez don Magnifico suite à un accident de carrosse. Don Ramiro reconnait alors au bras de Cenerentola le double du bracelet tandis qu’elle-même découvre que le valet qu’elle aime est en réalité le prince. Il renouvelle sa demande en mariage au grand dam de don Magnifico et de ses deux filles. Le prince, irrité, les menace, mais Cenerentola intercède en leur faveur, demandant le pardon pour sa famille.

Pavel Kolgatin

Pavel Kolgatin

«La Cenerentola est le conte de fées par excellence, l’histoire d’une jeune femme victime d’injustices et d’humiliations au quotidien de la part de sa propre famille, qui la renie. C’est grâce au conte de fées qu’elle s’invente qu’elle ne désespèrera jamais de son destin, de la trajectoire de son existence: des étables aux étoiles.» Espérons que la mezzo-soprano italienne, une habituée du rôle, Serena Malfi saura dominer les délicates vocalises et le bel canto si exigeant de Rossini (dont le fameux air «Non più mesta») sous la baguette de Alejo Perez.

Serena Malfi © Francesco Squeglia

Serena Malfi (mezzo)

Il y a plusieurs différences avec la version originale. D’abord, la marâtre se fait parâtre. La mère de Cendrillon devenue veuve s’est remariée avec don Magnifico. Après avoir donné naissance à une fille d’un premier lit, Angelina, elle en a eu deux autres avec lui. Puis elle est morte à son tour. Voilà pourquoi don Magnifico méprise et va jusqu’à nier l’existence de celle qui n’est pas sa vraie fille (Angelina/Cendrillon). Ensuite, il n’y a pas de fée-marraine, mais un philosophe mendiant (Alidoro). Le prince (Ramiro), lui, est accompagné d’un valet (Dandini) avec lequel il échangera ses vêtements afin de mieux juger de l’attrait qu’on lui porte. Et la pantoufle de vair n’existe pas, mais est remplacée par un bracelet, afin d’éviter aux chanteuses de l’époque d’avoir à exhiber pieds et jambes aux yeux du public.

Michel Grialou

22 janv scalajanvAll’Opéra
La Cenerentola (Rossini)
Teatro Dell’Opera Di Roma

En direct le vendredi 22 janvier 2016 à 20h00

Diffusé dans votre cinéma Mega CGR Blagnac

 

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