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Les journées de lecture d’Eric Neuhoff

06 Déc Publié par dans Littérature | Comments

L’auteur rassemble dans un Dictionnaire chic de littérature étrangère ses enthousiasmes et ses auteurs de chevet.

Après un Dictionnaire chic du cinéma paru en 2013, Eric Neuhoff rassemble dans la même collection ses articles sur la littérature étrangère. Cela aurait pu s’appeler Dictionnaire chic de littérature anglo-saxonne tant les écrivains américains et anglais se taillent la part du lion. Irlandais, Australiens ou Canadiens peuvent passer, ils ont leur passeport en règle. De temps en temps, un Italien ou un Espagnol se glisse dans la file. Tiens, un Danois !

Jay McInerney, Martin Amis, Richard Bausch, John Le Carré, John Updike, Hunter S. Thompson, James Salter, Jonathan Coe, Philip Roth, Richard Russo, Richard Yates, Nick Hornby, Joyce Carol Oates, John Cheever sont évidemment au rendez-vous. Les ombres de Fitzgerald, «le romantique absolu», et de Salinger planent sur les 400 pages de dictionnaire. Hemingway veille lui aussi. Le cinéma s’invite entre les lignes. Neuhoff ne se contente pas de lire ses écrivains fétiches ou de relire ses classiques. Il découvre, il ouvre des livres au hasard. Combien étaient-ils à avoir lu l’épatant Galveston de Nic Pizzolatto à sa sortie avant que le romancier ne crée la série culte True Detective ? Marisha Pessl n’avait pas échappé non plus à ses radars.

Séances de rattrapage

Dictionnaire chicSans doute que nombre de ces articles sont parfois meilleurs que les livres dont ils parlent. Ils distillent cependant des regrets qu’il est facile de corriger. On se sent idiot de ne jamais avoir lu Laurie Colwin. Ce genre de livre sert à cela : faire des listes. Les Voleurs de Manhattan d’Adam Langer et À l’abri du monde de Peter Rock sont sur la nôtre. Ne pas négliger les derniers Le Carré.

Sans surprise, il y a une manière d’autoportrait ici. Dis-moi ce que tu lis… Il est beaucoup question de la jeunesse qui s’enfuit, du temps qui passe, de mondes qui n’existent plus. Les lecteurs des Hanches de Laetitia et de La Petite Française ne seront pas dépaysés. Eric Neuhoff fait partie des privilégiés auxquels la littérature a offert mille vies. Il le confesse dans l’avant-propos : «Je me suis marié, croyant que la vie ressemblerait à Un bonheur parfait. Je ne suis jamais allé à Vienne. Ça n’était pas la peine : John Irving m’y avait déjà servi de guide. William Boyd m’a entraîné en Afrique. J’ai découpé des demoiselles à la scie en compagnie de Patrick Bateman. McInerney m’a introduit dans les clubs les plus fermés de Manhattan. Je leur dois mes plus belles émotions, mes larmes les plus chaudes, mes plus solides gueules de bois. Ils ne sont pas faits pour les cœurs froids. Ils sont là, intacts. Ils ne vieilliront pas.» À votre tour…

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Dictionnaire chic de la littérature étrangère, Écriture, 448 p.

photo : Eric Neuhoff  © François Bouchon / Le Figaro

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