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Jeunesse et talent au firmament avec à l’affiche, Mozart, Sabine Devieilhe, Raphaël Pichon et son Ensemble Pygmalion

06 Déc Publié par dans Musique classique, Opéra | Commentaires

Ne pas oublier que c’est la Trentième saison du Cycle Grands Interprètes, et que chaque date se doit d’être un événement. Il va l’être, à coup sûr, une fois de plus ce 12 décembre. La nouvelle étoile du chant français, la soprano Sabine Devieilhe, nous transportera tout en haut des cimes en interprétant des airs de Mozart. Ceux qui ont déjà écouté son deuxième CD consacré au compositeur savent ce qui les attend et voudront l’entendre en live comme on dit. C’est étourdissant, et il paraît bien difficile de faire quelques commentaires sur ces airs d’opéra et de concert choisis avec son mari et chef d’orchestre accompagnateur, Raphaël Pichon, créateur de l’Ensemble Pygmalion, orchestre de musiciens sur instruments baroques qui a gravi quatre à quatre les marches du succès. Le plaisir sera total entre une symphonie de Mozart, une œuvre pour violon et orchestre, et bien sûr, les œuvres concertantes pour soprano. 

Sabine Devieilhe

Sabine Devieilhe

Ce 12 décembre, non ce n’est pas Mozart qu’on assassine, mais plutôt Mozart que l’on fête ! Et, de quelle manière. Mais si l’on demande à Sabine Devieilhe, pourquoi Mozart, elle peut vous répondre : « C’est tout simplement mon compositeur de prédilection. Ma tessiture de soprano léger à tendance colorature et mon intérêt pour le répertoire du XVIIIè me poussent à approfondir sa connaissance. Mais je ne voulais pas donner un simple récital d’airs de Mozart. (…) Avec Raphaël Pichon et Pygmalion, nous avons souhaité étendre nos investigations aux rapports entretenus par Mozart et la famille Weber. Trois des quatre sœurs Weber avaient, semble-t-il, une voix proche de la mienne…C’était une façon rêvée de proposer un programme cohérent qui montrait l’évolution du compositeur. » Classica – nov 2015.

Pour dire quelques mots sur le programme lui-même et par conséquent sur le contenu du support paru très récemment, on est heureux de constater que ce n’est pas le énième disque consacré à ces sempiternels airs de Mozart ou œuvres instrumentales, mais bien davantage un parcours musical réfléchi, pensé à deux avec une présentation qui vous instruit, ce qui est peu fréquent. Sabine Devieilhe possède une voix naturelle assez inouïe qui lui ouvre un large répertoire couvrant pratiquement quatre siècles de l’histoire de la musique et du chant. Propulsée vers les sommets en très peu de temps, elle a déjà, tout de même, prouvé que Mélisande lui convient tout autant que Zemlisky, Ravel ou Lakmé ou Ismène de Mithridate. Elle crée même à Aix, juillet 2014, un cycle du compositeur allemand Manfred Trojahn, l’Eternité à Lourmarin. Au sujet de certains rôles, la chanteuse a une très jolie formule que je me permets de reprendre : « Les grands rôles virtuoses sont comme de magnifiques escarpins qu’il faut faire à son pied, tandis qu’avec Mélisande – qu’elle a donc chanté – on doit fabriquer sa propre chaussure. » Choisir va être très délicat, au vu de toutes les possibilités que sa voix d’exception lui offre. Souhaitons lui les meilleurs conseils. Mais quand elle vous confie les propos suivants, on peut être rassurés : « L’envie de s’approprier une œuvre, d’y revenir, ressort du divertissement au sens le plus noble du terme : expérimenter, aller vers la profondeur. Avant la discipline et la connaissance, viennent la curiosité et l’appétit. »

Quelques airs sont présents dans le programme, et l’enthousiasme aidant, vous vous précipiterez sur le CD pour écouter tout le passage consacré à Aloysia, l’une des sœurs Weber dont Mozart a été fou amoureux. Elle devait avoir une “sacrée“ voix quand on écoute ce “popoli di Tessaglia…Io non chiedo“ qui va vous laisser K.O.

Raphaël Pichon

 Raphaël Pichon

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Programme

MOZART

Symphonie n°35, K.385 « Haffner » : I. Allegro con spirito

Oiseaux si tous les ans – Mélodie K.307

Nehmt meinen Dank – Aria K.383

Adagio en mi majeur pour violon et orchestre K.261 (violon solo : Cecilia Bernardini)

Vorrei spiegarvi, oh Dio – Aria pour soprano et orchestre K.418.

entracte

– Musiques pour le Carnaval de Vienne

Deutsche Tänze (danses allemandes) K.509

n°1 en si bémol majeur – 2. n°2 en sol majeur – 3. n°3 mi bémol majeur

Die Schlittenfahrt (la promenade en traineau), trio K.605 n°3

Deutsche Tanze (danse allemande) en ré majeur, K.571 n°6

Die Zauberflöte, K.620 (La flûte enchantée) : air de la Reine de la nuit

Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen

Lucio Silla, dramma per musica K.135 : récitatif et air de Giunia

Vanne t’affreta… Ah se il crudel periglio

Symphonie n°35 en ré majeur K.385 «Haffner» IV. Finale : presto

Schon lacht der holde Frühling – Aria pour soprano et orchestre K.580

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Né en 1984, Raphaël Pichon débute la musique au sein de la Maîtrise des Petits Chanteurs de Versailles puis poursuit ses études musicales de chant, violon et piano au sein des Conservatoire à Rayonnement Régional et Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Tout d’abord jeune contre-ténor, ses expériences le mènent à chanter sous la direction de Jordi Savall, Gustav Leonhardt, Ton Koopman, mais aussi Geoffroy Jourdain avec lequel il aborde spécifiquement la création contemporaine.

En 2006, il fonde et dirige l’ensemble Pygmalion, chœur et orchestre dédié au répertoire sur instruments d’époque. Leur répertoire se veut à l’image des filiations qui relient Bach à Mendelssohn, Schütz à Brahms, ou encore Rameau à Berlioz.

 En 2011, Pygmalion débute un partenariat avec le Festival de Beaune et les opéras de Bordeaux et Versailles autour des versions remaniées inédites des tragédies lyriques de Jean-Philippe Rameau : voient le jour Dardanus, Hippolyte et Aricie puis Castor et Pollux en 2014. Parallèlement, Pygmalion initie avec son chœur un travail indépendant autour des romantiques allemands, débutant en 2011 avec l’œuvre sacrée de Brahms et Bruckner pour la Folle Journée de Nantes, puis autour de Schubert, notamment pour les festivals de Pâques d’Aix-en-Provence et de la Roque d’Anthéron.

Ensemble Pygmalion

Ensemble Pygmalion

Si le CD est autant celui de Raphaël Pichon que de Sabine Devieilhe, il en va de même pour le concert, puisque l’Ensemble Pygmalion et son chef interprèteront, la Symphonie Haffner mais en deux parties, de même que l’Adagio pour violon et orchestre et accompagneront bien sûr la chanteuse.

Sabine Devielhe

Mozart & the Webers Sisters / Erato

Concernant l’album intitulé MOZART, The Weber Sisters paru chez ERATO WARNER, il suffit de citer Raphaël Pichon, auteur du texte de présentation, au sujet d’un air présent dont l’écoute est la démonstration même de ce que peut réaliser Sabine Devieilhe, Raphaël Pichon à la baguette et tous les musiciens de l’Ensemble Pygmalion. C’est admirable, Mozart l’aurait qualifié ainsi : « Je passe vite sur son chant…en un mot : parfait ! (…) Celle-ci (Aloysia) chante pour le cœur et son chant tend vers le plus admirable cantabile (…) Anton Raaff lui-même, ténor, qui n’est pas du genre à flatter a dit, lorsqu’on lui demandait son opinion la plus sincère : elle a chanté, non comme une écolière, mais comme un professeur. »  

Michel Grialou

Ensemble PygmalionLes Grands Interprètes
Sabine Devieilhe (soprano)
Ensemble Pygmalion – Raphaël Pichon (direction)

Samedi 12 décembre 2015 – Halle aux Grains (20h00)

 

 

 

 

 

Mécénat / Partenariats
Nathalie Coffignal
mail : ncoffignal@grandsinterpretes.com
Tel : 05 61 21 09 61

 

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