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La France qu’on aime (1)

14 Nov Publié par dans Opinions, Sport | Comments

Mamadou Sakho, fier d’être français

Non, les footballeurs français ne sont pas tous de jeunes gens immatures, couverts de millions et de tatouages, dotés d’un cerveau gros comme un pois chiche, naviguant à l’occasion dans les eaux glauques des faits divers. La preuve avec Mamadou Sakho. Né en 1990 de parents sénégalais, cinquième de six frères et sœurs, il connût les foyers d’accueil et la faim. Enfant, il vendait des canettes aux passants à Barbès et lave les vitrines des voitures à la sortie du périphérique pour se faire de l’argent de poche. Alors qu’il joue pour le Paris FC, le PSG le repère et lui fait intégrer son centre de formation. Cinq ans plus tard, en octobre 2007, il est capitaine du club à l’âge de… 17 ans.

Mamadou SakhoMais les nouveaux propriétaires venus du Qatar veulent des stars. Les Brésiliens Alex et Thiago Silva viennent occuper la défense centrale et si Sakho dispute tout de même 27 matchs de championnat durant la saison 2012/2013, qui voit le club remporter le titre, il est poussé vers la sortie. Direction Liverpool où, malgré des blessures récurrentes et une forte concurrence, il s’impose. Avant cela, il fit ses débuts en équipe de France en novembre 2010 et prit le brassard de capitaine en mai 2014. Quelques mois plus tôt, en novembre, il fut le héros du match retour des qualifications en barrage pour la Coupe du Monde de 2014. Battus à l’aller 2-0 par l’Ukraine, les Bleus renversent la vapeur au retour (3-0) grâce à un Sakho aussi rageur que décisif, inscrivant le premier et le troisième but des Bleus… Par ailleurs, Sakho est loin des clichés médiatiques sur ces footballeurs issus de l’immigration et des banlieues qui n’aimeraient pas le maillot bleu ni le drapeau. «Il ne faut pas oublier les origines de nos parents, c’est une grande richesse, mais on doit aussi se montrer fiers d’être français. Il n’y a pas de honte à ça, au contraire !», déclarait-il à L’Équipe Magazine. «Mes parents ont trouvé la France comme terre d’accueil, ont vécu des choses difficiles. Pour nous, enfants d’immigrés, c’est une belle histoire. On a eu la chance de grandir en France et de pouvoir nous battre pour ce pays qui a accueilli nos parents, c’est beau !», poursuivait-il.

Musulman, Mamadou Sakho est ambassadeur d’une école catholique à Liverpool. Il a également fondé une association qui multiplie les actions humanitaires et caritatives en France, au Sénégal et en Angleterre. Pas de race blanche Sakho, mais terriblement français…

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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