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L’éternel retour de New Order

08 Oct Publié par dans Pop / Rock | Comments

Le groupe né des cendres de Joy Division revient avec Music Complete, album d’électro-pop qui tente de renouer avec le faste d’antan.

New Order

L’histoire de New Order a souvent été faite d’éclipses et de renaissances, cela dès le premier album, Movement, en 1981. Né sur les cendres de Joy Division (autre groupe mythique), après le suicide par pendaison de son chanteur charismatique Ian Curtis à l’âge de vingt-trois ans, le groupe réunit les autres membres fondateurs – le bassiste Peter Hook, le guitariste Bernard Albrecht et le batteur Stephen Morris – rejoins par la claviériste Gillian Gilbert. Albrecht, qui se fait dès lors appeler Sumner, remplace Curtis au chant. D’abord imprégné des ambiances industrielles et glaciales de la cold wave de Joy Division, New Order, qui a découvert à Chicago les pionniers de la house, décroche en 1983 un tube planétaire avec Blue Monday qui annonce la techno avec dix ans d’avance. Le titre séduit autant les amateurs de new wave que les habitués des dancefloors. Aucun style (new wave, rock, house, électro, dance, funk, disco, pop synthétique) n’échappera dès lors à cette formation passée maître dans l’art de glisser des atmosphères mélancoliques jusque dans leurs chansons les plus lumineuses et festives.

Les albums se succèdent, ponctués de tubes (The Perfect KissTrue FaithBizarre Love TriangleWorld in Motion…) jusqu’à l’album Republic en 1993, mais le groupe de Manchester connaît alors une longue pause due notamment aux tensions entre les deux leaders : Peter Hook et Bernard Sumner. Le premier forme les groupes Revenge et Monaco, le second Electronic avec Johnny Marr échappé des Smiths. Fin de New Order ? Ils reviennent huit ans plus tard avec l’abrasif Get Ready, gorgé de guitares. Quatre autres années s’écoulent avant l’excellentWaiting For The Sirens’ Call et une nouvelle tournée, mais cette fois la rupture semble consommée. Peter Hook s’en va, joue sur scène le répertoire de Joy Division tandis que Sumner crée Bad Lieutenant. En 2013 sort Lost Sirens, album de chansons enregistrées lors des sessions du précédent. New Order remonte sur scène (sans Peter Hook) et revient même en studio pour ce Music Complete sorti vendredi dernier.

La même chose en moins bien

Le résultat ? Un retour aux synthés tout puissants et à l’électro-pop de Technique (1989) au gré de onze titres (souvent longs, flirtant avec les six ou sept minutes). Comme pour pallier l’absence des lignes de basse de Hook, si emblématique du son New Order, le groupe a fait appel à un casting assez ronflant d’invités : Tom Rowlands des Chemical Brothers, Elly Jackson de La Roux sur trois morceaux, Brandon Flowers de The Killers et même Iggy Pop qui prend la voix de Vincent Price sur le morne Stray Dog.

Restless, qui ouvre l’album, et Nothing But a Fool renouent avec les mélodies douces-amères qui furent les plus belles réussites de New Order. Tutti Frutti a des accents de disco italienne des années quatre-vingt, People on the High Line aurait enflammé les nuits de l’Hacienda à peu près à la même époque, Plastic et Unlearn This Hatred sont d’un ennui plombant, le reste s’oublie aussitôt. La même chose qu’avant en moins bien : New Order, pour la première fois, n’a pas échappé au syndrome frappant tant de groupes et d’artistes. Cependant, au regard de leur œuvre passée, on ne peut que leur pardonner et les fans les plus inconditionnels trouveront sans doute là de quoi assouvir leur passion.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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