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Attention, ce film en cache un autre…

05 Sep Publié par dans Cinéma | Commentaires

« Le Tout Nouveau Testament », un film de Jaco van Dormael

nouveau testament afficheEntre humour, dérision, poésie, surréalisme, émotion, le cinéaste belge nous inflige une douche écossaise que l’on peut aimer. Ou détester !

L’affiche annonce la couleur : Dieu existe et même il vit à Bruxelles. Avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du Divin Père, il était difficile d’anticiper autre chose qu’une lecture un rien décalée des textes fondateurs de la religion chrétienne. Effectivement, le scénario frappe lourd. Très lourd ! Dieu est un vrai salaud dont le passe-temps consiste à imaginer des milliers de lois pour emmerder les humains, style : vous ne prenez jamais la bonne file d’attente, le téléphone sonne dès que vous entrez dans votre bain, et, de temps en temps, il se défoule avec une bonne guerre ou une catastrophe dite naturelle. De plus, c’est un tyran pour sa femme et sa fille, Ea. Son fils, JC, s’est émancipé de la férule divine. Résultat, « il a fini cloué sur un cintre comme une chouette », dixit le Paternel. La fistonne en a marre de tout cela et décide, après avoir reçu une énième raclée à coups de  ceinture, de se venger. Elle s’introduit dans le bureau de Dieu et balance par SMS  le fichier le plus secret de l’ordinateur de son père : la date de décès de tous les humains. Puis, sur les conseils de JC, elle va rejoindre notre planète afin de recruter six apôtres de plus et écrire un Nouveau Testament. Voilà pour le pitch. Religieusement plus qu’incorrect, j’en conviens. Sauf que les tribulations d’Ea sur Terre nous amènent sur un tout autre registre. Dieu ne va plus intervenir que très épisodiquement.

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Le film se transforme en une quête onirique, surréaliste, poétique aussi, fantastique parfois. C’est à ce moment-là qu’il prend de l’altitude, sur un rythme que l’on pourra trouver un peu lent, c’est vrai, mais qui permet de bien cerner la venue de ces six Nouveaux Apôtres dans la fameuse fresque de Léonard de Vinci. Benoît Poelvoorde est littéralement « defunesque » dans ses colères noires, Yolande Moreau toujours aussi épatante, lunaire, écrase l’écran dès qu’elle apparaît en femme de Dieu, c’est ça le talent, Pili Groyne (Ea), Catherine Deneuve, François Damiens et bien d’autres complètent le casting de cet ovni cinématographique à prendre au second degré. Evidemment !

Robert Pénavayre

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