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Tableau académique

23 Juil Publié par dans Cinéma | Comments

La Femme au tableau avec Helen Mirren raconte l’histoire authentique d’une rescapée de l’holocauste se battant pour récupérer les œuvres d’art volées à sa famille.

La femme au tableau 2

Une septuagénaire, dont la famille a été décimée par les nazis, qui tente de récupérer des toiles de Klimt (parmi lesquels un portrait de sa tante) avec l’aide d’un jeune avocat de Los Angeles ? L’histoire (vraie) ne pouvait échapper à Hollywood. Le producteur et réalisateur britannique, Simon Curtis (à qui l’on doit My Week with Marilyn), s’y attèle à la façon d’un élève appliqué, mais peu inspiré. Mise en scène fonctionnelle, reconstitution soignée de Vienne durant la Seconde Guerre, seconds rôles décoratifs (Katie Holmes, Charles Dance…) : tout dans La Femme au tableau respire l’académisme suranné. Jusqu’aux flash-backs assez lourdingues et les inévitables scènes de procès vues mille fois. Le destin de Maria Altmann et le thème de la spoliation des œuvres d’art par les nazis auraient mérité sans doute autre chose que ce film scolaire lorgnant sur le mélo.

The Queen Helen

Si Ryan Reynolds campe l’avocat blanc-bec prenant de l’assurance sans se départir d’une fadeur qui devient horripilante, le principal intérêt de La Femme au tableau réside dans la présence d’Helen Mirren. La comédienne anglaise, que le grand public découvrit dans le rôle de la fée Morgane avec Excalibur de John Boorman en 1981, a mené depuis une carrière aussi bigarrée que fructueuse.

Deux Palmes de la meilleure interprète à Cannes (pour Cal en 1984 et La Folie du roi George en 1995), une pluie de Golden Globes, sans oublier l’Oscar décroché en 2007 grâce à sa performance dans The Queen de Stephen Frears ont couronné une filmographie débutée devant la caméra de Michael Powell. Mais les honneurs ne l’ont pas empêchée de tourner également avec Peter Greenaway, Paul Schrader (le formidable Étrange séduction), Sean Penn ou Robert Altman. D’Elizabeth II au rôle d’agent spécial à la retraite renouant avec les armes automatiques aux côtés de Bruce Willis dans la comédie d’action Red (et Red II), Helen Mirren peut tout se permettre. À bientôt soixante-dix, elle n’a pas fini de nous surprendre.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

La Femme au tableau de Simon Curtis avec Helen Mirren, Ryan Reynolds. Durée : 1h50.

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