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Concert d’adieu de Muyng Whun Chung au Philharmonique de Radio France

22 Juil Publié par dans Musique classique | Commentaires

Elégance et raffinement

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Gil Shaham est un violoniste délicat qui dès son entré en scène,  souriante et élégante, a marqué le public de sa présence chaleureuse. La complicité avec le chef a semblé évidente, à voir la manière dont ils entretiennent des sourires complices tout au long du concert. Son écoute gourmande des instrumentistes de l‘Orchestre montre quel chambriste il peut être. C’est ainsi que nous avons eu l’impression de partager un moment d‘amitié musicale au sommet. La facilité avec laquelle Gil Shaham joue de son Stradivarius est confondante. Son légato est fondant. Les nuances les plus subtiles, les phrasés les plus délicats, les sonorités dorées ou mélancoliques, tout permet une interprétation d’une grande poésie. L‘accord avec le chef est total, les musiciens de l’Orchestre eux même habités par une confiance totale ne font qu’un avec Myung-Whun Chung (62 ans). Ainsi l’oeuvre la plus célèbre de Bruch irradie de bonheur. Le public fait un triomphe aux artistes si complices et tout particulièrement au violoniste si délicat.

Cette fusion doit beaucoup à l’expérience du chef et du soliste qui tous deux jouent sans partitions, concentrés sur l‘écoute et le partage. En bis, le violoniste céleste offre la Gavotte en Rondeau de la Partita pour violon seul n° 3 de Jean Sébastien Bach. Un véritable moment de grâce.

 

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En deuxième partie, Maestro Chung a choisi une partition qu’il aime tout particulièrement. La dirigeant par coeur, il offre une interprétation toute personnelle de la Cinquième Symphonie de Mahler, à laquelle l’Orchestre et le public ont été particulièrement sensibles. A d’autres la véhémence, la violence, voir le sarcasme et la noirceur. Rarement la beauté de cette partition aura été aussi joliment révélée, sa construction mise en lumière avec cette évidence. Le Philharmonique de Radio France est devenu l’une des meilleures phalanges mondiales. Il a irradié dans cette œuvre si exigeante. La facilité du trompette solo est un vrai miracle de pureté et de présence puissante, sans violence. A l’image de cet orchestre virtuose, la trompette capte l‘attention par une musicalité raffinée  faisant fi de la technique. Si c’est lui qui a un rôle majeur dans cette symphonie, il faudrait détailler chaque famille d’instruments, tous magnifiques…  Myung-Whun Chung quittera en juillet un orchestre qu’il dirige depuis 2000. L’entente entre les musiciens et lui est comme magique et témoigne du fort engagement de part et d‘autre. Il faut reconnaître qu’un chef si libre, n’ayant pas la partition sous les yeux, peut demander bien d ‘avantage à ses musiciens. L‘apothéose de la fusion musicale a eu lieu comme de bien entendu dans l‘ Adagietto qui atteint au sublime. Mais la joie du final efface toute mélancolie, fut-elle de cette beauté élégante ! C’est bien le bonheur de la musique partagée qui rassemble le public dans des applaudissements galvanisés. En bis, non sans humour et dans un tempo d‘enfer,  Myung Whun Chung offre le « véritable hymne national français » avec l’ouverture de Carmen. Le public quitte la salle euphorique !

Pour finir cette saison, les Grands Interprètes ont offert aux Toulousains gâtés un concert à la musicalité raffinée, passionnée, élégante. Un de ces moments rares et inoubliables. Merci à Catherine D’Argoubet, avisée directrice artistique qui a su faire venir « Chung et le Philar » dans l’un de leurs derniers concerts pour clore en majesté sa saison à Toulouse.

Chronique publiée sur classiquenews.com  par Hubert Stoecklin

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