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Le monde de Nathan

01 Juil Publié par dans Cinéma | Comments

Une bonne chose avec la canicule, c’est l’excuse supplémentaire qu’elle donne (comme si cela était bien nécessaire) à se réfugier dans un endroit sombre et frais. Quoi de plus recommandé qu’une salle de cinéma ? Ce qu’il y a d’encore plus appréciable, c’est la façon inversement proportionnelle dont les salles se vident, le commun des mortels préférant partir vers d’ensoleillées contrées maritimes plutôt qu’un strapontin recouvert de pop – corn.

Ce matin, pour la première fois de ma vie de cinéphile, j’ai vécu le kiff ultime : une salle entièrement déserte, une séance rien que pour ma pomme. À dire vrai, je me suis un peu sentie comme le Thierry Frémaux du sud – ouest. Et pour couronner le tout, je suis sortie de cette projection totalement ragaillardie.

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Nathan est un petit génie des mathématiques. Nathan est aussi atteint d’autisme. Il a été diagnostiqué alors qu’il n’était qu’un petit garçon, laissant sa mère désemparée face à sa pathologie, à l’inverse de son père qui a su trouver la bonne attitude.

Survient alors le drame, père et fils sont victimes d’un accident de la route qui n’épargne que le gamin. Pendant que Julie déploie des trésors de diplomatie pour tenter de communiquer avec son garçon, Nathan se renferme toujours davantage, ne trouvant la sérénité qu’au cœur de formules scientifiques.

Ce sera sa planche de salut. Lors de son entrée au collège, il va faire la connaissance d’un prof bourru qui va le convaincre de préparer les olympiades de mathématiques.

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Si la lecture de ce résumé vous fait penser que Le monde de Nathan aurait toute sa place dans le programme des téléfilms de l’après – midi d’M6, il est de mon devoir de vous avertir que vous faites fausse route.

Le long – métrage de Morgan Matthews n’a rien d’une bluette lacrymale qui tenterait de vous ensevelir sous les problèmes d’un malheureux adolescent handicapé. Il aborde certes un sujet sensible, mais il le fait sans artifices, en évitant de plus l’aspect spectaculaire que l’on attribue (parfois) aux personnages autistes au cinéma (le fameux syndrome Rain Man).

Ce qui est abordé en toute simplicité ici, c’est le parcours universel d’un adolescent, son rêve d’intégrer les fameuses Olympiades, son envie d’accéder à “ une vie normale “, de vivre sa première histoire d’amour.

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En résulte un film très doux, particulièrement tendre, profondément optimiste, émaillé de moments touchants qui (fort heureusement !) ne basculent jamais dans la larmichette facile. Morgan Matthews a su idéalement doser ses effets, en ayant l’intelligence de ponctuer son film des saillies acidement drôles du professeur personnel de Nathan (le particulièrement réjouissant Rafe Spall) et de l’enthousiasme décomplexé de l’entraîneur de l’équipe anglaise (excellent Eddie Marsan).

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La toujours pimpante et fraîche Sally Hawkins remplit à merveille son rôle de mère un brin dépassée mais ne se décourageant jamais, le bien jeune mais néanmoins talentueux Asa Butterfield campe lui Nathan, carrément bluffant dans son jeu tout en économat.

Je ne saurais que trop vous conseiller ce petit film sans prétention à la considérable vertu, je peux même vous assurer que comme moi vous sortirez totalement rasséréné de sa projection. Et ce ne sera pas qu’en raison des bienfaits de la climatisation.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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