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Saison 2015-2016 : Un bouquet classique noué d’une faveur contemporaine.

30 Mai Publié par dans Danse | Commentaires

Pour cette nouvelle saison Kader Belarbi poursuit son objectif de donner une nouvelle identité au Ballet du Capitole en conservant son répertoire et en l’enrichissant année après année, ce qui porte à 34 les entrées au répertoire de la Compagnie sous sa houlette. Chose unique en France et vraisemblablement en Europe avec, toujours en ligne de mire, la préservation du patrimoine classique en France. Ce qui n’interdit pas bien évidemment la présence d’œuvres plus contemporaines, car le ballet, la danse, est un art en mouvement fortement ancré dans le siècle.

Et le savoir-faire de la Compagnie est là, bien présent, et mérite qu’on le fasse savoir pour un meilleur rayonnement de la danse toulousaine ce que peuvent permettre les tournées mises en place et qui prennent de l’ampleur.

Le ballet Paquita avec María Gutiérrez et Kazbek Akhmedyarov © David Herrero

La saison à venir sera, comme le dit Kader Belarbi, fièrement classique. Et quoi de plus classique pour débuter la saison que Giselle, le ballet le plus dansé au monde certainement. Kader Belarbi souhaite le revisiter, dans le souvenir de la grande Yvette Chauviré, avec un premier acte enraciné dans la terre, dans la veine populaire des danses paysannes, la dualité entre le réel et l’irréel, quant à elle, prenant corps dans l’envol des Wilis au second acte. Monique Loudières et Laure Muret apporteront toute leur connaissance de l’œuvre dans la tradition de l’Opéra de Paris dans la mise en place de ce ballet qui sera le cadeau de Noël offert aux spectateurs de notre région, du 20 au 31 décembre 2014, au Théâtre du Capitole.

Dans le cadre de la mission d’échange avec le Grand Théâtre de Bordeaux, c’est le Coppélia de Charles Jude qu’accueillera le Théâtre de Capitole, tandis que La Reine Morte de Kader Belarbi ira charmer la capitale girondine. La version du ballet de Léo Delibes que nous propose Charles Jude est une transposition dans l’après-guerre américain. La Poupée aux yeux d’émail se retrouve dans l’atmosphère de Broadway avec des allures de Marilyn. Mais ne nous y trompons pas, les variations des solistes restent académiques et virtuoses, avec parfois un petit air à la Jérome Robbins. Du 17 au 22 mars 2016.

Du 13 au 17 avril 2014, c’est un lieu inhabituel qui sera le cadre d’un spectacle de danse beaucoup plus contemporaine. C’est en effet la magnifique architecture de l’Auditorium de Saint Pierre des Cuisines qui verra se dérouler ce troisième programme de la saison, spécialement conçu pour ce bâtiment. Paradis perdus nous présentera trois pièces chorégraphiques inspirées par la communicabilité et l’incommunicabilité des corps et des mémoires. Une entrée au répertoire, Salle des pas perdus, chorégraphiée par Kader Belarbi sur la musique de Prokofiev est un huis clos où quatre personnages se rencontrent et voyagent, prisonniers de leurs souvenirs.

L’Oiseau de Feu dans la chorégraphie de Maurice Béjart © Edoardo Pavi

Deux créations mondiales suivront : Thousand of Thoughts et Mur-Mur. La première est l’œuvre du chorégraphe espagnol Ángel Rodriguez, et met en scène l’histoire de treize jeunes espagnoles fusillées à Madrid par le régime franquiste, le 5 août 1939, trois mois à peine après la fin de la guerre civile, après un procès sommaire et inique. Cette pièce, créée pour dix danseuses sur une musique de Gavin Bryars, explore la même veine que les chorégraphies de Nacho Duato. Pour faire le pendant à ce ballet essentiellement féminin, Kader Belarbi pour sa part, nous propose un travail uniquement avec des garçons, sur les Canti di Prigionia de Luigi Dallapiccola, une méditation humaine sur des corps prisonniers entre deux murs face à face.

Puis la Compagnie retrouvera la Halle aux Grains du 8 au 12 juin 2016, pour la reprise du Paquita Grand Pas qui, sur la musique de Minkus, nous offre un véritable festival de technique et de virtuosité, dans le plus pur style académique, réglé par Oleg Vinogradov. Enfin, l’un des évènements de cette saison chorégraphique est l’entrée au répertoire de l’un des ballets parmi les plus emblématiques du grand Maurice Béjart : L’Oiseau de feu. Créé en octobre 1970, ce ballet sur la Suite pour orchestre de Stravinski transforme l’Oiseau de feu du conte russe en meneur de lutte révolutionnaire du XXème siècle, ou la passion dévorante d’un homme pour la liberté, l’engagement et la rage de vivre. Techniquement très brillante, cette œuvre mythique de la danse du XXème siècle sera remontée au Ballet du Capitole par Gil Roman, successeur désigné du Maître, et aujourd’hui directeur du Béjart Ballet de Lausanne.

Quatre programmes seulement dira-t-on, effectivement, mais en parallèle le Ballet continue son programme de tournées nationales et internationales, pour faire rayonner la Danse toulousaine au-delà des frontières régionales ou nationales.

Comme à l’accoutumée maintenant, chaque spectacle sera accompagné de plusieurs manifestations autour du thème des œuvres présentées. Les Rencontres ballet seront animées cette année par Florence Poudru, historienne de la danse. Les danseurs rencontreront le public lors des Cours de danse ouverts au public et des Carnets de Danse, propices aux démonstrations et aux débats autour des spectacles avec les danseurs, les chorégraphes et les artistes invités. Enfin le partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse se poursuit avec Danse à la Cinémathèque, qui offre au public des films et des documentaires en relations avec les œuvres proposées.

Annie Rodriguez
une chronique de Classic Toulouse

Ballet du Capitole

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