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Marcus Miller, grand parmi les grands

13 Avr Publié par dans Musique | Commentaires

Le célèbre bassiste et compositeur, dont le nom est indissociable de celui de Miles Davis, sera en concert à Toulouse, le jeudi 16 avril, au Casino Barrière à l’occasion de la sortie de l’album Afrodeezia.

Marcus Miller © Erinc Salor

Quel est le point commun entre Frank Sinatra et Jay-Z, Paul Simon et Michel Petrucciani, Herbie Hancock, Aretha Franklin et Eric Clapton ? Venues d’horizons musicaux divers, ces stars ont toutes eu auprès d’elles un certain Marcus Miller à la basse. Depuis les années 80, le bassiste – mais qui sera aussi compositeur, arrangeur et producteur – a participé à environ 350 disques (dont une quinzaine de disques solo). Pour certains amateurs de musique, la seule présence de son nom dans les crédits d’un album avait valeur de certificat de qualité. On put ainsi l’entendre aux côtés de George Benson, Al Jarreau, Michael Franks, Dave Gruisin, Stanley Clarke, George Duke, Quincy Jones, Brian Ferry, Chaka Khan, McCoy Tyner, Dizzy Gillespie, Grover Washington, Scritti Politti… Et même sur la chanson Un Écureuil à Central Park de Nougayork enregistré à New York par l’auteur de Ô Toulouse.

Mais d’autres rencontres seront encore plus déterminantes dans la carrière de celui qui naquît à Brooklyn en 1959. Miller n’a pas encore vingt ans quand il est enrôlé par le saxophoniste David Sanborn pour l’enregistrement de Hideaway. Pour l’album suivant, il compose en outre la moitié des titres et accompagnera Sanborn de longues années. Même fidélité avec le chanteur soul Luther Vandross pour lequel il composera et produira également. Pour autant, la collaboration décisive, «historique», sera celle nouée au début des années 80 avec Miles Davis, d’abord comme sideman – sur disque et en tournée – puis comme maître d’œuvre de l’album Tutu, quasi intégralement composé par le bassiste. Le titre éponyme, Splatch ou Portia deviennent ainsi de nouveaux standards du mythique trompettiste. Après la bande originale du film Siesta, les deux hommes signent en 1989 un autre chef-d’œuvre, Amandla, ultime disque de Miles. La disparition du maître en 1991 verra Miller se transformer en une sorte d’héritier ne cessant d’interpréter son répertoire à l’image par exemple de la tournée et de l’album Tutu Revisited.

De Prince à Bizet

Cette imprégnation par le jazz-rock et la fusion ainsi que la multiplicité de ses collaborations n’empêchèrent pas Marcus Miller de déployer une carrière solo où se fait aussi entendre son goût pour le funk, la soul, la pop, le rock, la bossa ou la world music comme en témoignent notamment quelques-unes de ses reprises (Prince, Talking Heads, Fugees, Stevie Wonder, Earth, Wind & Fire ou Beatles). Le nouvel album de cet adepte du «slap» (en simplifiant : technique qui consiste à claquer les cordes avec le pouce), Afrodeezia, reflète la grande variété des inspirations du musicien au son puissant et rond reconnaissable entre mille.

Construit autour du projet «La Route de l’esclave» initié par l’UNESCO qui a nommé le bassiste «artiste pour la paix», il se nourrit autant de sonorités africaines (HylifeB’s River), brésiliennes (We Were There coécrit avec Djavan), gospel (Preacher’s Kid) tandis que Water Dancer lorgne du côté de la Nouvelle-Orléans et que I’ Can’t Breathe fait un détour par le hip-hop (avec Chuck D. de Public Enemy). Une reprise du mythique Papa was a Rolling Stone des Temptations croise celle d’un air de Bizet (I Still Believe I Hear ou Je crois entendre extrait des Pêcheurs de perles). Mention spéciale à la superbe ballade Xtraordinary où le saxophone d’Alex Han et la trompette de Lee Hogans accompagnent les vocalises d’Alvin Shea de Take 6. Bref, un beau voyage que le concert du 16 avril à 20h30 devrait retracer…

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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Marcus Miller
Casino Théâtre Barrière

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