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Ennemis publics

28 Mar Publié par dans Cinéma | Commentaires

Avec Hacker, Michael Mann signe un thriller mettant en scène des pirates informatiques. Spectaculaire.

Hacker de Michael Mann avec Chris Hemsworth

On ne peut pas reprocher à Michael Mann d’encombrer les écrans. En effet, six ans séparent son précédent film, l’éblouissant Public Enemies, de Hacker(titre «français» de Blackhat), onzième long-métrage du cinéaste depuis ses débuts en 1981. Cette poignée de films a cependant largement suffi à faire de cet homme venu de la télévision l’un des grands créateurs de formes de son époque et un artiste passionnant. Si sa filmographie comporte des incursions dans le film fantastique (La Forteresse noire), le film d’aventures historiques (Le Dernier des Mohicans), le sujet de société (Révélations) ou le biopic (Ali), Hacker s’inscrit dans le thriller, genre dans lequel Mann a signé ses plus belles réussites : du Solitaire au sublime Heat sans oublier Le Sixième sens (première adaptation des romans Thomas Harris et première apparition d’Hannibal Lecter à l’écran), CollateralMiami Vice (d’après la série télévisée qu’il avait créée) ou Public Enemies.

Un thriller donc, mais un thriller autour de la cybercriminalité et de pirates informatiques qui débute avec une attaque contre une centrale nucléaire à Hong Kong provoquée par l’intrusion d’un virus détruisant le système de refroidissement. Peu après, la bourse de Chicago enregistre une flambée des prix du soja, là encore causée par un logiciel malveillant introduit par le même pirate informatique. Services chinois et américains décident d’unir leurs efforts afin de démasquer le mystérieux cyber-terroriste. Le jeune officier Dawai Chen, dépêché par Pékin sur l’affaire, demande la libération d’un célèbre hacker, Nicholas Hathaway, purgeant une longue peine de prison et qu’il connut pendant ses études au MIT. La traque peut commencer.

À l’ancienne

Certes, Hacker ne possède pas l’intensité des chefs-d’œuvre de Michael Mann, mais il comporte suffisamment de morceaux de bravoure (dont les scènes d’action où le metteur en scène excelle) pour en faire un spectacle hautement recommandable. On reconnaît aussi la signature du cinéaste dans son goût pour les ambiances nocturnes et les lumières des mégalopoles comme pour les tandems de personnages. Ici, Chris Hemsworth (échappé de son costume de Thor) et Tang Wei ne sont pas sans évoquer le couple formé par Colin Farrell et Gong Li dans Miami Vice. D’autres réminiscences «manniennes» font de Hacker plus qu’une banale chasse à l’homme. Sur le fond comme sur la forme, Michael Mann oppose l’abstraction à l’hyperréalisme, la dématérialisation à l’incarnation, l’esprit au corps, l’ultra modernité à l’archaïsme. À plusieurs reprises, des personnages en appellent au «face to face», à la confrontation d’homme à homme, «à l’ancienne». Ce qui est fait dans une séquence finale assez époustouflante. Il s’agira ensuite de disparaître des écrans au propre comme au figuré.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante
Hacker de Michael Mann avec Chris Hemsworth, Tang Wei, Viola Davis. Durée : 2h13.

 

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