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Le romantisme viennois

15 Mar Publié par dans Musique classique | Commentaires

Marc Minkowski est de retour à la Halle aux Grains pour diriger un concert de la saison de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse mettant au programme Gustav Mahler et Hans Rott.

Mark M.

Fondateur de l’orchestre Les Musiciens du Louvre avec lequel il est fréquemment invité à la Halle aux Grains par les les Grands Interprètes, Marc Minkowski (photo) a peu à peu élargi le répertoire de l’ensemble grenoblois. Depuis 1982, il explore la musique baroque sur instruments d’époque tout en abordant la période classique avec Mozart et Haydn, puis le romantisme de Schubert. S’appropriant des répertoires symphonique et lyrique de plus en plus tardifs, Marc Minkowski développe une prédilection pour la musique française du XIXe : Hector Berlioz (Symphonie fantastique, « Les Nuits d’été », « Harold en Italie »), Georges Bizet (« L’Arlésienne »), ou Jacques Offenbach aux côtés du metteur en scène Laurent Pelly (« La Belle Hélène », « La Grande-Duchesse de Gérolstein »).

Directeur musical du Sinfonia Varsovia depuis 2008, Marc Minkowski est l’hôte d’orchestres symphoniques avec lesquels il se tourne de plus en plus vers le XXe siècle. Il a été nommé en 2013 directeur artistique de la Mozartwoche autrichienne, la semaine Mozart qui se tient chaque hiver à Salzbourg, ville natale du compositeur. Régulièrement accueilli à la tête de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, il a dernièrement dirigé les « Wesendonck lieder » de Richard Wagner, dans l’interprétation de la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter. À la Halle aux Grains et à l’Escale de Tournefeuille, il met cette saison au programme de la phalange toulousaine les quatre « Chants d’un compagnon errant » de Gustav Mahler.

Sur le thème romantique par excellence de l’errance d’un héros malmené par la destinée et en quête d’apaisement, le cycle des « Chants d’un compagnon errant » de Mahler a été créé dans sa version orchestrale en 1896, à Berlin. Ayant signé le texte des trois derniers chants, le compositeur autrichien dirigeait lui-même pour l’occasion le Philharmonique de la ville. Après avoir triomphé cet automne en Figaro à l’Opéra Bastille, dans une production moderne et colorée, signée Damiano Michieletto, du « Barbier de Séville », le jeune baryton girondin Florian Sempey interprètera ce chef-d’œuvre de l’exil et du déracinement. Marc Minkowski révèlera ensuite la Symphonie en mi majeur du Viennois Hans Rott. Composée huit ans avant la Première symphonie de Mahler, cette partition fut redécouverte à la fin des années quatre-vingt. Empreinte de la fascination exercée par l’œuvre de Wagner sur le compositeur, elle est dotée d’une orchestration aux cuivres majestueux dignes de Bruckner dont Rott fut l’élève. Atteint de troubles schizophréniques, ce dernier meurt en 1884, à l’âge de 25 ans.

Jérôme Gac

Vendredi 20 mars, 20h00, à la Halle aux Grains, place Dupuy, Toulouse. Tél. 05 61 63 13 13.

Samedi 21 mars, 20h30, à l’Escale, place Roger Panouse, Tournefeuille. Tél. 05 62 13 60 30.

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