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La Pente Douce

01 Mar Publié par dans Gastronomie | Commentaires

C’était un pari risqué. Quand, voici un peu plus d’un an, Hamid Miss et sa compagne Thyphaine ont «déménagé» La Pente Douce de la Patte-d’Oie vers la rue de la Concorde, le changement n’était pas que d’adresse. Il était aussi de dimension puisqu’ils passaient d’une table d’hôtes installée à leur domicile, qui avait ses aficionados, à un «véritable» restaurant d’une grosse quarantaine de couverts. La réflexion et le temps laissés à cette transition étaient porteurs d’espoir, mais un restaurant n’est jamais une idée. Or, ici, les idées, les valeurs et les concepts se sont brillamment incarnés. Excellence des produits travaillés avec soin, tradition boostée par l’audace, ambition et modestie d’une cuisine qui ne prend jamais le client de haut, mais qui l’amène gentiment à découvrir des mariages aussi inattendus qu’évidents.

Harmonie

Même si Curnonsky nous avait prévenu que nous n’allons pas au restaurant pour manger les rideaux, il faut évoquer le cadre. Spacieux, chaleureux, élégant dans ses volumes, ses lumières et ses matières. On a immédiatement envie de prendre place. Rarement (jamais ?), une telle harmonie n’avait été atteinte à Toulouse entre un lieu et sa cuisine. Du bonheur circule entre les tables. On devine que les gens qui travaillent ici sont heureux. Les sourires ne sont pas commerciaux. Cela se retrouve dans les assiettes qui dégagent un plaisir contagieux, addictif. Depuis le comptoir qui encadre la cuisine ouverte, on peut observer le ballet de la petite troupe menée par Hamid. Concentration et souplesse dictent les gestes. L’équipe est jeune, appliquée. Il y a là un gamin qui a fait ses armes auprès de Jeremy Morin au Met, un sommelier originaire du Japon qui connaît tout des vins de France et d’ailleurs. À ce propos, la carte des vins est un modèle du genre. À partir de vingt euros, on peut se régaler d’un jus de raisin fermenté pur et authentique.

Et la cuisine ? Inspirée, percutante, simple et sophistiquée. D’une banale crêpe au miel de violette au si rare et goûteux bœuf de Kobé en passant par des abats ou des plats traditionnels revus par la vista du chef ; nous avons été souvent bluffés par La Pente Douce. La formule brunch / déjeuner du premier dimanche de chaque mois est époustouflante. Les plats défilent, cinglants et généreux à un tarif insolent (25 €). C’est à Toulouse, ici et maintenant.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

La Pente Douce – 6, rue de la Concorde
Tél : 05 61 46 16 91. 

Réservation conseillée.

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