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TRISTAN à TOULOUSE

27 Fév Publié par dans Opéra | Commentaires

 

Toulouse. Théâtre du Capitole ; Le 11 février 2015 ; Richard Wagner(1813-1883):Tristan et Isolde, action musicale en trois actes sur un livret du compositeur créée le 10 juin 1865 à Munich . Production du Théâtre du Capitole (2007) ; Nicolas Joel : mise en scène ; Andreas Reinhardt : décors et costumes ; Vinicio Cheli : lumières ; Robert Dean Smith :Tristan ;Elisabete Matos : Isolde ; Daniela Sindram : Brangaene ; Stefan Heidemann : Kurwenal ; Hans-Peter Koenig : Le Roi Marc ; Thomas Dolié : Melot ; Paul Kaufmann, Un Berger / Un Matelot ; Chœur du Capitole : Alfonso Caiani, direction ; Orchestre national du Capitole ; Claus Peter Flor : direction musicale.

 

Cette production maison de Tristan et Isolde remonte à 2007 lorsque Nicolas Joel était maître des lieux. Sa mise en scène est sobre, laisse toute sa place à la musique et jamais l’oeil n’est distrait. Au contraire la stylisation des éléments de décors esthétisant le propos.

 

 

Le grand plateau mouvant du premier acte rend perceptible l’élément marin et la lente montée de l’astre lunaire coïncide à son apogée avec la rencontre des futurs amants et l’effet du philtre.

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A l’acte 2, le fond de scène entièrement étoilé crée une nuit enveloppant les amants.

 

Tristan et Isolde

 

Le roc sur lequel est étendu Tristan à l’acte 3 puis le nuage de mélancolie qui surplombe les amants fait sens : leur absolue solitude est évidente.

 

 

 

 

Fluide et beau Tristan à Toulouse

 

La sobriété du jeu d’acteur est compréhensible avec des chanteurs si peu acteurs et chacun concentré sur son rôle écrasant. Seule la Brangaene de Daniela Sindram  est actrice sensible et accomplie. Le roi Marc de Hans-Peter Koenig  tout de noblesse et de retenue touche visuellement par l’autorité bienveillante de son jeux. Les beaux costumes aux couleurs franches, sont empesés et ne permettent pas une grande liberté de mouvement.

Dans cette mise en scène plutôt statique, l’opéra avance pourtant grâce à une direction musicale très théâtrale. Claus Peter Flor dirige admirablement cette partition fleuve abolissant temps et espace. Lecture où le théâtre est roi, l’analyse fine de la partition permet des nuances exquises et des couleurs instrumentales d’une grande richesse. Les phrasés sont intéressants et la construction d’ensemble de la succession des trois actes est très réussie. L’orchestre du Capitole est royal, capable de toutes les finesses possibles, les nuances sont particulièrement creusées. La spacialisation des cors et du cor anglais est magnifiquement réalisée.

Sur le plan vocal l’Isolde d’Elisabete Matos est solide et vaillante. Elle arrive a chanter son Liebestod sans faiblesse, mais sans génie. La voix puissante est sans particularité, les phrasés ne sont pas toujours du niveau attendu. Par contre la Brangaene de Daniela Sindram est de haute lignée. La voix a un beau métal ombré mais la clarté du timbre par moments permet de comprendre comment cette belle cantatrice peut aborder des sopranos dramatiques comme Sieglinde. Le chant est subtil avec des phrasés nobles et un jeu de scène poignant.  Du côté des hommes, incontestablement il n’y a eu aucune faiblesse dans la distribution. Le Tristan de Robert Dean Smith a un timbre juvénile et brillant. Nous avons connu cet artiste dans l’impossible rôle du Kaiser dans la femme sans ombre de Richard Strauss. La solidité de la voix, la beauté du timbre et l’absence de vibrato rendent justice au héros sublime que doit être Tristan. Par contre le jeu du chanteur est assez inexistant.

 

Hans-Peter Koenig en Roi Marc est parfait. Beauté du timbre, noblesse du jeu, subtilité des phrasés et perfection de la diction. Tout est là pour que l’émotion naisse dans sa grande tirade de l’acte 2. Stefan Heidemann en Kurvenal campe un personnage attachant, la voix est belle et la diction nette.
Les petits rôle sont correctement tenus, avec une intense  émotion chez Paul Kaufmann en berger. Les choeurs d’hommes sont impressionnants de présence dans leurs courtes mais déterminantes interventions. Une belle production qui n’a pas perdu en intérêt et qu’il a été bon de retrouver. C”est un Tristan fluide, la partition si troublante déroulant son envoûtement sans heurts pour notre plus grand plaisir.

 

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