Close

L’Orchestre Mozart tient les cordes

27 Fév Publié par dans Musique classique | Commentaires

Le tout “jeune“ Orchestre Mozart offre un concert en son point d’ancrage favori, l’Auditorium Saint-Pierre des Cuisines, le lundi 9 mars à 20h 30. Il est placé sous la direction de Geneviève Laurenceau, Premier Violon  solo de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse.

Orchestre Mozart © Katty Castellat

Le concert est dédié à deux sérénades et une suite. Sérénade, un terme qui évoque en premier lieu le style galant du XVIIIe, où il était synonyme de « divertissement » ou de « cassation ». Elle est, à l’origine, exclusivement vocale. « Donner la sérénade » est une expression tout à fait commune et qui la résume fort bien. Elle pourra devenir purement instrumentale. L’œuvre est prévue au départ pour un petit ensemble instrumental. Pouvant comporter jusqu’à sept ou huit mouvements, la sérénade mozartienne a élargi son effectif jusqu’à celui de la symphonie. La sérénade subit une éclipse avec le développement de la symphonie, puis, c’est un regain d’intérêt fin XIXè et début XXe avec des compositeurs comme Brahms, Dvorak, Tchaïkovski, Elgar, Sibelius, Richard Strauss, puis Roussel, Jolivet, Françaix, Casella…

L’Orchestre Mozart a choisi deux sérénades dont la première ne se retrouve pas souvent à l’affiche. Ainsi, en ouverture du concert, la Sérénade pour cordes en mi mineur, Op. 20 d’Edward Elgar, compositeur britannique, né en 1857, mort en 1934 à Worcester, chef d’orchestre, figure-clé de la musique anglaise dite « romantique » du XIXe, début XXe siècle,. C’est une pièce pour orchestre à cordes en trois courts mouvements qui s’intitulent : 1Pays Paysage  2 Soirée au printemps  3 En été. Elle dure environ douze minutes. Excellent violoniste aussi, E. Elgar  est bien connu par ses compositions majeures que sont les Variations Enigma et les Pomp and Circumstances, mais encore le Concerto pour violon, le Concerto pour violoncelle.

Suivra, de Jean Sibelius, une Suite pour violon et orchestre en ré mineur, Op. 117 (1929) due au plus grand symphoniste de Scandinavie, père de la musique moderne finlandaise, né en 1865, mort en 1957, dont cette suite fut sûrement une des dernières œuvres composées ou sauvées, le « taciturne d’Ainola », toujours rongé par le doute et le scrupule, ayant fait disparaître dans une gigantesque autodafé ses œuvres de jeunesse mais aussi du dernier tiers de sa vie. Il laisse tout de même sept symphonies et plusieurs poèmes symphoniques, des partitions de plus en plus présentes dans les salles de concert. Sibelius représente sans doute le musicien de sa génération qui traversa le plus long purgatoire avant d’être reconnu à sa juste valeur.

Enfin, le “morceau“ de choix est constitué par une composition de Piotr-Illyitch Tchaïkovski :

Sérénade pour orchestre à cordes, op. 48

Création publique à Saint-Pétersbourg le 18 0ctobre 1881 sous la baguette de Eduard Napravnik.

Effectif orchestral : Plus l’effectif de l’orchestre sera nombreux, plus cela correspondra au désir de l’auteur. Inscription relevée sur le manuscrit.

         I. Pezzo in forma di sonatina

         II. Valse

         III. Elégie

         IV. Finale, tema russe

Tchaïkovski entreprend la composition de sa Sérénade en septembre 1880, après avoir hésité entre une symphonie et un quintette à cordes. Achevée en moins d’un mois, elle est dédiée à Karl Albrecht – ancien professeur au Conservatoire de Moscou. Elle se rapproche beaucoup de la symphonie par  sa conception d’ensemble en quatre mouvements qui reconstituent fort bien le portrait musical du compositeur : attachement au XVIIIe classique, sens de l’élégance chorégraphique, sensibilité mélancolique et, toujours, conscience de ses racines, même si c’est au travers du prisme de la culture occidentale.

Piotr Iliych Tchaïkovski

I.  Pezzo in forma di sonatina. Après une introduction lente, c’est la partie principale avec trois thèmes fortement contrastés, le plus important étant le plus mozartien d’esprit. Sur ce dernier, le compositeur s’amuse, l’amplifie, l’orne de contre-chants…

 II.  Elégie. Mouvement lent de la Sérénade, il débute par un thème larghetto elegiaco, sorte de méditation pénétrée de ferveur religieuse, une élévation grave et recueillie. Le second thème pourrait constituer un magnifique adagio de ballet, mélodie toute en courbes avec arpèges et batteries en triolets. Puis, vous suivrez les violons en traits ascendants et leurs douloureuses appogiatures, seul moment de véritable tension dans l’œuvre.

III.  Valse. Une « valse pour la valse »dans laquelle mélodie et rythme se suffisent à eux-mêmes pour créer un moment de bien-être musical parfait, une des valses orchestrales les plus séduisantes de toutes celles écrites par le musicien. Pour les connaisseurs, elle est de forme parfaitement symétrique : ABA avec coda. Les néophytes s’abandonneront sans complexe aucun au plaisir des sons. Un premier thème dolce e molto grazioso, simple et plein de caractère à la fois est suivi d’un épisode tout à fait remarquable et repérable par ses accents sur le second temps. Il est repris forte avec ornements de trilles…Tandis que la coda se termine par quelques arabesques de croches pianissimo.

IV.  Finale, tema russa. Dans cette Sérénade classique, la Russie aura bien le dernier mot avec une introduction andante et un allegro con spirito, deux parties écrites sur des chants populaires authentiques empruntées par le compositeur à un recueil de Mily Balakirev, fondateur du Groupe des Cinq. A titre documentaire ! le premier chant Dans les près est reconnaissable à sa syncope. Le second, Sous le pommier est une chanson dansante qui lance l’Allegro con spirito, d’une joie sans ambages, énergique et saine comme une fête paysanne…

La coda enfin va reprendre d’abord l’introduction lente et solennelle de la sérénade, puis le tourbillon effréné de la danse va clôturer l’œuvre, une parmi les plus sereines de son auteur, admirablement bien faite, loin enfin du fatum habituel et envahissant. Loin ne signifiant pas, débarrassé.

Geneviève Laurenceau

Genevieve Laurenceau © Yvan Schawandascht

Premier prix du Concours international de Novossibirsk (Russie) et du Grand Prix de l’Académie Ravel à Saint-Jean-de-Luz (2001), Geneviève Laurenceau remporte le 5e Concours de l’Adami en 2002 et réalise à cette occasion un CD avec le pianiste Jean-Frédéric Neuburger.

Elle se produit en soliste avec les plus grands orchestres français et internationaux, sous la direction de chefs tels que Michel Plasson, Ilan Volkov, Kees Bakels, Walter Weller et Jean-Jacques Kantorow. Elle est également très active en tant que chambriste, dernièrement aux côtés de Stephen Kovacevic, Jean-Frédéric Neuburger, Philippe Jaroussky, Emmanuel Rossfelder, Bertrand Chamayou.

Professeur, elle est régulièrement invitée à l’académie de Dartington (Angleterre) où elle se produit aux côtés du pianiste Stephen Kovacevic. Geneviève Laurenceau est présidente et directrice artistique du Festival de Musique de Chambre d’Obernai qu’elle a créé en 2009.

Depuis septembre 2007, elle est premier violon supersoliste de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, avec lequel elle a enregistré le Concerto pour violon de Prokofiev (Naïve, 2011)

Engagée dans le répertoire de son temps, elle travaille régulièrement avec des compositeurs tels que Karol Beffa, qui lui dédie Supplique pour violon seul, Nicolas Bacri, Bruno Mantovani ou Philippe Hersant, dont elle crée Nostalgia, pour violon et chœur.

Geneviève Laurenceau joue un Stradivarius de 1682.

Michel Grialou

Orchestre MozartOrchestre Mozart
Geneviève Laurenceau (violon solo et direction)
lundi 9 mars 2015 à 20h30
Auditorium St Pierre des Cuisines

Sites Internet

Orchestre Mozart
Réservation
Geneviève Laurenceau

 

photos

Genevieve Laurenceau © Yvan Schawandascht

Orchestre Mozart © Katty Castellat

 

 

 

.

 

 

 

 

Partager : Facebook Twitter Email

 


Michel Grialou Plus d'articles de